{"arkId":"cl010065532","url":"https:\/\/collections.louvre.fr\/ark:\/53355\/cl010065532","modified ":"2026-05-02","title":"Portrait d\u0027une femme noire","titleComplement":"","denominationTitle":[{"type":"Titre","value":"Portrait d\u0027une femme noire"},{"type":"Ancien titre","value":"Portrait d\u0027une n\u00e9gresse"},{"type":"Autre titre","value":"Portait pr\u00e9sum\u00e9 de Madeleine"}],"displayDateCreated":"Date de cr\u00e9ation\/fabrication : Fin du XVIIIe si\u00e8cle - d\u00e9but du XIX\u00e8 si\u00e8cle (1800)","currentLocation":"Sully, [Peint] Salle 935 - Jacques-Louis David (1745-1825) et ses \u00e9l\u00e8ves, l\u2019art du portrait","room":"Salle 935, Aile Aile Sully, Niveau 2","isMuseesNationauxRecuperation":false,"dateCreated":[{"startYear":1800,"endYear":"","imprecision":"","text":"Fin du XVIIIe si\u00e8cle - d\u00e9but du XIX\u00e8 si\u00e8cle","type":"Date de cr\u00e9ation\/fabrication","doubt":""}],"creator":[{"label":"Benoist, Marie Guillemine, n\u00e9e Le Roulx de La Ville ou Laville-Leroulx","attributionLevel":"Attribution actuelle","linkType":"","dates":[{"date":"1826","place":"Paris","type":"date de mort"},{"date":"1768","place":"Paris","type":"date de naissance"}],"creatorRole":"","authenticationType":"","doubt":"","attributedBy":"","attributedYear":"","wikidata":"Q118810"},{"label":"France","attributionLevel":"Attribution actuelle","linkType":"\u00c9cole de","creatorRole":"","authenticationType":"","doubt":"","attributedBy":"","attributedYear":"","wikidata":""}],"objectNumber":[{"value":"INV 2508","type":"Num\u00e9ro principal"},{"value":"L 3597","type":"Autre num\u00e9ro d\u0027inventaire"}],"collection":"D\u00e9partement des Peintures","printsDrawingsEntity":"","printsDrawingsCollection":"","objectType":"","originalObject":"","printState":"","description":"Le mod\u00e8le f\u00e9minin, \u00e2g\u00e9 de 20 \u00e0 40 ans, est repr\u00e9sent\u00e9 dans un format coup\u00e9 \u00e0 mi-corps, devant un mur uni gris clair, sans indication de profondeur spatiale. Le visage et les yeux sont tourn\u00e9s vers le spectateur, le corps de la jeune femme est plac\u00e9 lat\u00e9ralement, assis sur un fauteuil en cabriolet de style Louis XVI, en bois dor\u00e9 et garni de tissu vert fix\u00e9 par des clous de tapissier. Le dossier et l\u0027accotoir droit du fauteuil sont presque recouverts par un grand ch\u00e2le bleu pos\u00e9 dessus. La jeune femme est coiff\u00e9e d\u0027un fichu blanc enroul\u00e9 et nou\u00e9 haut sur la t\u00eate, un pan laiss\u00e9 libre retombe le long de la joue gauche. Un anneau d\u0027or est visible \u00e0 son oreille droite. Ses bras et sa poitrine sont presque enti\u00e8rement d\u00e9nud\u00e9s : le mod\u00e8le semble avoir d\u00e9nou\u00e9 et \u00e9chancr\u00e9 sa robe-chemise blanche, encore retenue \u00e0 la taille par une ceinture de textile rouge. Sa main droite repose sur les genoux, la main gauche est repli\u00e9e contre le ventre. La signature de l\u0027artiste est plac\u00e9e sur le fond gris, juste au-dessus de la main droite du mod\u00e8le.","inscriptions":"Signature : \r ; \u0022Laville Leroulx, f[emme] Benoist\u0022. (vers le bas \u00e0 droite)","namesAndTitles":"","onomastics":"","dimension":[{"type":"Hauteur","value":"0,81","displayDimension":"0,81 m","unit":"m","anteriorPrecision":"","posteriorPrecision":"","tri":1,"note":""},{"type":"Hauteur avec accessoire","value":"1,07","displayDimension":"1,07 m","unit":"m","anteriorPrecision":"","posteriorPrecision":"","tri":2,"note":""},{"type":"Largeur","value":"0,65","displayDimension":"0,65 m","unit":"m","anteriorPrecision":"","posteriorPrecision":"","tri":3,"note":""},{"type":"Largeur avec accessoire","value":"0,905","displayDimension":"0,905 m","unit":"m","anteriorPrecision":"","posteriorPrecision":"","tri":4,"note":""}],"shape":"","materialsAndTechniques":"huile sur toile","placeOfCreation":"","dateOfDiscovery":"","placeOfDiscovery":"","provenance":"","historicalContext":[],"objectHistory":"Expos\u00e9 au Salon de 1800 (ouvert le 2 septembre), Paris, Mus\u00e9um central des arts (Louvre), n\u00b0 238 du livret (sous le titre : \u0022Portrait d\u0027une n\u00e9gresse\u0022) ; pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u0027exposition des artistes versaillais de 1801 (ouverte le 2 septembre), Versailles, Palais national (ch\u00e2teau), Mus\u00e9e sp\u00e9cial de l\u0027\u00c9cole fran\u00e7aise, n\u00b0 1 ou 47 du livret, selon les \u00e9ditions (sous le titre : \u0022Portrait d\u0027une n\u00e9gresse\u0022) ; rest\u00e9 en propri\u00e9t\u00e9 de l\u0027artiste jusqu\u0027en 1818 ; achet\u00e9 \u00e0 l\u0027artiste, ensemble avec trois autres peintures (\u0022La lecture de la Bible\u0022, \u0022La diseuse de bonne aventure\u0022 et \u0022Sorci\u00e8re, t\u00eate d\u0027\u00e9tude\u0022) par le minist\u00e8re de la Maison du roi, le 27 juin 1818, au prix total de 11 000 francs pour les quatre tableaux ; port\u00e9 au registre des acquisitions de peintures du r\u00e8gne de Louis XVIII sous le n\u00b0 \u0022L 3597\u0022 (sous le titre \u0022T\u00eate de n\u00e9gresse\u0022) ; pr\u00e9sent\u00e9 au mus\u00e9e du Luxembourg, \u00a8Paris, de 1819 \u00e0 1826 (sous le titre \u0022Portrait d\u0027une n\u00e9gresse, de grandeur naturelle. \u00c9tude vue \u00e0 mi-corps, avec les mains\u0022) ; restaur\u00e9 par Nicolas et \u00c9milie Maillot \u00e0 Paris, en f\u00e9vrier 1825 ; sorti du mus\u00e9e du Luxembourg et transport\u00e9 aux magasins du mus\u00e9e du Louvre le 6 f\u00e9vrier 1827 ; pr\u00e9sent\u00e9 au mus\u00e9e du Louvre depuis 1830 au moins ; r\u00e9inventori\u00e9 \u0022INV. 2508\u0022 par le conservateur Fr\u00e9d\u00e9ric Villot, entre 1852 et 1860 ; mis en s\u00e9curit\u00e9 pendant la Seconde Guerre mondiale au ch\u00e2teau de Montal (Saint-Jean-Lespinasse, Lot) ; rentr\u00e9 de Montal au mus\u00e9e du Louvre, Paris, le 11 mars 1946 ; restaur\u00e9 par Henri Linard (nettoyage, r\u00e9int\u00e9gration et revernissage de la couche picturale) \u00e0 Paris, en novembre et d\u00e9cembre 1957.\r\n\r\nCommentaire : \r\nLorsque ce tableau est expos\u00e9 pour les premi\u00e8res fois au public en 1800-1801, son auteur le d\u00e9signe comme \u0022Portrait d\u0027une n\u00e9gresse\u0022. Ces deux mots (\u0022n\u00e9gresse\u0022 d\u0027une part, \u0022portrait\u0022 d\u0027autre part), demandent \u00e0 \u00eatre remis dans le contexte de leur emploi commun par les locuteurs fran\u00e7ais de la fin du 18e si\u00e8cle, mais aussi dans l\u0027emploi qu\u0027en fait personnellement l\u0027artiste Benoist. \r\nLes termes \u0022n\u00e8gre\u0022 et \u0022n\u00e9gresse\u0022 ne sont pas neutres \u00e0 l\u0027\u00e9poque : ils ne d\u00e9signent pas seulement les hommes et les femmes de peau noire ou originaires de la r\u00e9gion du fleuve Niger en Afrique, ils sont aussi directement associ\u00e9s \u00e0 l\u0027esclavage. La cinqui\u00e8me \u00e9dition du dictionnaire de l\u0027Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, publi\u00e9e en 1798 (exactement contemporaine du pr\u00e9sent tableau) donne pour d\u00e9finition de \u0022n\u00e8gre, esse (substantif) : c\u0027est le nom qu\u0027on donne en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 tous les esclaves noirs employ\u00e9s aux travaux des colonies. [...] On dit famili\u00e8rement Traiter quelqu\u0027un comme un N\u00e8gre, pour dire, Traiter quelqu\u0027un avec beaucoup de duret\u00e9 et de m\u00e9pris\u0022. Le terme qu\u0027emploie Benoist pour d\u00e9signer le mod\u00e8le peint indique donc que cette jeune femme a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9mment connu la condition d\u0027esclave, une situation dont elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9mancip\u00e9e depuis son arriv\u00e9e sur le sol de la m\u00e9tropole, ou au plus tard depuis le d\u00e9cret d\u0027abolition de l\u0027esclavage dans les colonies fran\u00e7aises, vot\u00e9 par la Convention nationale le 4 f\u00e9vrier 1794. Malgr\u00e9 le changement de statut, le fait de continuer \u00e0 employer le terme \u0022n\u00e9gresse\u0022  t\u00e9moigne de la persistance, dans les mentalit\u00e9s de la bourgeoisie fran\u00e7aise \u00e0 laquelle appartient Marie-Guillemine Benoist, de repr\u00e9sentations racistes qui attachent un rapport de domination et d\u0027in\u00e9galit\u00e9 entre \u00eatres humains en fonction de leurs couleurs de peau.\r\nLe terme \u0022portrait\u0022 employ\u00e9 par l\u0027artiste pour caract\u00e9riser cette repr\u00e9sentation indique qu\u0027il s\u0027agit de la reproduction ressemblante de l\u0027aspect physique d\u0027un individu. Toutefois, il faut observer que cette effigie n\u0027est pas un portrait de condition : le mod\u00e8le ici n\u0027est pas d\u00e9crit dans son cadre de vie ni dans sa tenue quotidienne, qui devait tr\u00e8s probablement \u00eatre celle d\u0027une employ\u00e9e \u00e0 des t\u00e2ches domestiques. Elle ne porte pas de tablier ni d\u0027autres accessoires se rapportant \u00e0 son emploi. Au contraire, elle est assise sur un fauteuil en bois dor\u00e9 et porte une robe neuve de coton immacul\u00e9 : il s\u0027agit d\u0027articles de luxe, inaccessibles \u00e0 une domestique au service d\u0027une famille bourgeoise \u00e0 la fin du 18e si\u00e8cle. Outre qu\u0027elle est environn\u00e9e d\u0027objets qui ne lui appartiennent pas, la jeune femme se pr\u00e9sente avec le torse largement d\u00e9nud\u00e9. Ces \u00e9l\u00e9ments additionn\u00e9s signalent clairement aux spectateurs que le mod\u00e8le est abstrait de sa condition sociale, et que sa repr\u00e9sentation n\u0027a pas pour intention d\u0027illustrer sa vie quotidienne, d\u0027exprimer ses go\u00fbts ou ses opinions personnelles. Rappelons enfin que le co\u00fbt financier et le prestige social que repr\u00e9sente un portrait peint de cette taille et de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure sont incompatibles avec la condition de domestique dans la France de la fin du 18e si\u00e8cle, quelle que soit sa couleur de peau ou son origine. L\u0027initiative du tableau rel\u00e8ve exclusivement de l\u0027artiste (qui l\u0027a conserv\u00e9 pendant pr\u00e8s de vingt ans pour elle-m\u00eame) et non du mod\u00e8le qui n\u0027a pas pu en \u00eatre le commanditaire. L\u0027accent est mis sur la beaut\u00e9 et la gr\u00e2ce du mod\u00e8le, et sur le contraste de sa couleur de peau avec la blancheur immacul\u00e9e des linges qui l\u0027enserrent. Dans les cat\u00e9gories artistiques en vigueur \u00e0 la fin du 18e si\u00e8cle, une telle cr\u00e9ation ressortit en r\u00e9alit\u00e9 moins au portrait, vecteur d\u0027affirmation d\u0027un statut social, qu\u0027\u00e0 l\u0027\u00e9tude, outil de recherche et de perfectionnement artistiques. C\u0027est \u00e0 cette cat\u00e9gorie d\u0027\u0022\u00e9tude\u0022 que l\u0027oeuvre est logiquement rattach\u00e9e, vingt ans plus tard, dans le catalogue que r\u00e9dige le conservateur du mus\u00e9e du Luxembourg : \u0022\u00c9tude vue \u00e0 mi-corps, avec les mains\u0022. Or, si une \u00e9tude aboutie \u00e9tait acceptable dans les salles permanentes d\u0027un mus\u00e9e, elle ne l\u0027\u00e9tat pas dans l\u0027exposition du Salon des artistes vivants : consid\u00e9r\u00e9e comme un travail pr\u00e9paratoire non autonome, une \u00e9tude n\u0027aurait pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e digne d\u0027\u00eatre expos\u00e9e ; on peut donc supposer qu\u0027en 1800, l\u0027artiste a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 employer la d\u00e9nomination de \u0022portrait\u0022 pour affirmer le caract\u00e8re autonome et achev\u00e9 de son oeuvre, dans l\u0027intention de convaincre le jury de la laisser l\u0027exoposer au Salon. Outre son r\u00f4le d\u0027\u00e9tude, attestant de la virtuosit\u00e9 de l\u0027autrice, l\u0027oeuvre s\u0027enrichit d\u0027une valeur all\u00e9gorique : le sein d\u00e9nud\u00e9 et l\u0027harmonie tricolore de l\u0027habillement du mod\u00e8le cr\u00e9ent une analogie avec les all\u00e9gories contemporaines de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (voir par exemple \u0022All\u00e9gorie de la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u0022, peinte par Antoine Jean Gros, INV. 5071).\r\n\r\nEn 2018-2019, deux historiennes de l\u0027art (Marianne L\u00e9vy et Anne Lafond) ont propos\u00e9 de changer le titre de l\u0027oeuvre en \u0022Portrait de Magdeleine\u0022 (ou \u0022Madeleine\u0022). Cette proposition prend sa source dans la premi\u00e8re biographie de Marie-Guillemine Benoist publi\u00e9e en 1914 par Marie-Juliette Ballot : s\u2019\u00e9tonnant du caract\u00e8re unique de ce portrait dans tout l\u2019\u0153uvre peint de l\u0027artiste, Ballot pense que cette repr\u00e9sentation a pu \u00eatre inspir\u00e9e par la domesticit\u00e9 du beau-fr\u00e8re de l\u2019artiste (Benoist-Cavay), colon guadeloup\u00e9en rapatri\u00e9 en France continentale \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1790. Ballot n\u0027\u00e9mettait alors qu\u0027une simple supposition, sans pi\u00e8ce d\u2019archives pour l\u2019\u00e9tayer. Sans citer l\u2019ouvrage de Ballot, Marianne L\u00e9vy reprend cette hypoth\u00e8se en 2018 et lui ajoute la d\u00e9couverte d\u0027un pr\u00e9nom (\u00ab Magdeleine \u00bb) trouv\u00e9 dans le r\u00f4le (c\u0027est-\u00e0-dire la liste des passagers et de l\u2019\u00e9quipage d\u0027une embarcation) d\u0027un bateau en provenance de Pointe-\u00e0-Pitre qui d\u00e9barque au port de Rochefort en d\u00e9cembre 1798. Sur ce document apparaissent Benoist-Cavay (beau-fr\u00e8re de Marie-Guillemine Benoist) et son \u00e9pouse, qui d\u00e9clarent \u00eatre accompagn\u00e9s de \u00ab Magdeleine, servante \u00bb. En l\u2019\u00e9tat actuel de la recherche, c\u2019est le seul et unique document qui atteste l\u0027existence de cette employ\u00e9e. De Magdeleine, on ne sait ni la couleur de peau, ni la date et le lieu de naissance, ni la date de d\u00e9c\u00e8s, ni la dur\u00e9e de son service aupr\u00e8s des Benoist-Cavay et de sa r\u00e9sidence en France continentale. On ne sait donc pas si elle a pu \u00eatre pr\u00e9sente lors de leurs rencontres avec leur belle-soeur Marie-Guillemine Benoist, en Anjou et \u00e0 Paris en 1799. Enfin, rien n\u0027indique si Magdeleine \u00e9tait belle, bien portante et apte \u00e0 poser pour un tableau. Il faut rappeler que plusieurs milliers d\u0027hommes et de femmes originaires d\u0027Afrique et des Antilles vivaient et travaillaient en France continentale \u00e0 la fin du 18e si\u00e8cle ; si Marie-Guillemine Benoist \u00e9tait d\u00e9sireuse de peindre un mod\u00e8le \u00e0 la peau noire, elle avait donc l\u0027opportunit\u00e9 de rencontrer bien d\u0027autres mod\u00e8les que la seule Magdeleine, si tant est que cette derni\u00e8re avait la peau noire. Marianne L\u00e9vy admet, en pr\u00e9ambule \u00e0 sa d\u00e9monstration, que le rapprochement qu\u2019elle fait entre le mod\u00e8le peint et \u00ab Magdeleine, servante \u00bb est le fruit d\u2019\u00ab hypoth\u00e8ses inv\u00e9rifiables \u00bb. Elle finit pourtant par les identifier par convention (\u0022 Magdeleine, appelons-la Magdeleine \u0022). Cette convention est reprise en 2019 par Anne Lafond (sous l\u0027orthographe \u00ab Madeleine \u00bb, sans le \u0022g\u0022), d\u2019abord lors de conf\u00e9rences prononc\u00e9es en 2018 : de la jeune femme noire peinte par Benoist, elle rappelle d\u2019abord que \u00ab l\u2019identit\u00e9 pr\u00e9cise est inconnue \u00bb avant d\u2019affirmer cependant par la suite \u00ab qu\u2019il est \u00e9tabli [\u2026] qu\u2019elle est arriv\u00e9e en France en tant que domestique du beau-fr\u00e8re de l\u2019artiste, au retour de Guadeloupe \u00bb. Par la suite, dans la notice de l\u2019\u0153uvre dans le catalogue d\u0027exposition \u00ab Le Mod\u00e8le noir \u00bb au mus\u00e9e d\u2019Orsay au printemps 2019, Anne Lafond \u00e9crit que \u00ab cette jeune femme noire portraitur\u00e9e [\u2026] s\u2019appelle Madeleine \u00bb, sans rappel du faisceau d\u0027hypoth\u00e8ses inv\u00e9rifiables sur laquelle repose cette assertion. Il n\u2019y a pas eu depuis d\u0027autres publications permettant d\u2019apporter de nouvelles pi\u00e8ces d\u2019archives sur ce sujet. Le fait de rebaptiser l\u0027oeuvre doit par cons\u00e9quent \u00eatre assorti de prudence (\u0022Portrait pr\u00e9sum\u00e9 de Magdeleine\u0022) et doit s\u0027entendre comme une convention qui r\u00e9pond au besoin de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale du 21e si\u00e8cle de restituer, m\u00eame symboliquement, une identit\u00e9 historique et individuelle \u00e0 la jeune femme peinte. Ce titre contemporain pose cependant la question de son ad\u00e9quation aux intentions premi\u00e8res de l\u0027artiste, il y a deux cents ans. Plus que le simple portrait d\u0027une domestique, Benoist a probablement aspir\u00e9 \u00e0 repr\u00e9senter la dignit\u00e9 et la libert\u00e9 d\u0027un ensemble de femmes pr\u00e9c\u00e9demment r\u00e9duites en esclavage. L\u0027artiste v\u00e9hicule efficacement cette id\u00e9e gr\u00e2ce au portrait-\u00e9tude d\u0027un individu sublim\u00e9 et soigneusement mis en sc\u00e8ne : cette forme \u00e0 la fois simple et majestueuse, \u00e9mouvante et fortement incarn\u00e9e, constitue une alternative nouvelle aux compositions all\u00e9goriques, narratives et h\u00e9ro\u00efques tr\u00e8s fr\u00e9quentes dans le dernier tiers du 18e si\u00e8cle.\r\n(C\u00f4me Fabre, novembre 2025)","jabachInventory":"","napoleonInventory":"","previousOwner":[],"acquisitionDetails":[{"mode":"entr\u00e9e - Collection de Louis XVIII","doubt":"","dates":[{"type":"date de d\u00e9cision","value":"27\/06\/1818","startYear":1818,"endYear":1818},{"type":"date d\u0027arriv\u00e9e au Mus\u00e9e","value":"06\/02\/1827","startYear":1827,"endYear":1827}]}],"ownedBy":"Etat","heldBy":"Mus\u00e9e du Louvre, D\u00e9partement des Peintures","longTermLoanTo":"","index":{"Mode d\u0027acquisition":[{"value":"entr\u00e9e - Collection de Louis XVIII"}]},"bibliography":[{"bibliographyRef":"Peintres femmes. Naissance d\u0027un combat, 1780-1830, cat. exp. (Paris, mus\u00e9e du Luxembourg, du 3 mars au 4 juillet 2021), Paris, R\u00e9union des mus\u00e9es nationaux-Grand Palais, 2021","bibliographyDate":"2021","bibliographyDetail":"p. 162-163, ill.coul, n\u00b0 120","comparison":false},{"bibliographyRef":"Le Mod\u00e8le noir : de G\u00e9ricault \u00e0 Matisse, cat. exp. (Paris, mus\u00e9e d\u0027Orsay, 26 mars - 21 juillet 2019 ; Pointe-\u00e0-Pitre, M\u00e9morial ACTE, 13 septembre - 29 d\u00e9cembre 2019), Paris, Flammarion, 2019","bibliographyDate":"2019","bibliographyDetail":"p. 59, ill. 35","comparison":false},{"bibliographyRef":"Petite Galerie 5 : Figure d\u0027artiste, cat. exp. (Paris, mus\u00e9e du Louvre, 25 septembre 2019 - 29 juin 2020), Paris, Louvre \u00e9dition, Seuil, 2019","bibliographyDate":"2019","bibliographyDetail":"p. 126-127, n\u00b035","comparison":false},{"bibliographyRef":"Boni, Daniela ; Manfrini, Monica, Pittrici della rivoluzione. Le allieve di Jacques-Louis David, Bologne, Pendragon, 2017","bibliographyDate":"2017","bibliographyDetail":"p. 96-97, 119 (note 48), 122","comparison":false},{"bibliographyRef":"Ch\u00e9reau, Patrice (dir.), Les visages et les corps, cat. exp. (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 4 novembre 2010 - 31 janvier 2011), Paris, Skira \/ Flammarion \/ Louvre \u00e9ditions, 2010","bibliographyDate":"2010","bibliographyDetail":"p. 210","comparison":false},{"bibliographyRef":"Allard, S\u00e9bastien ; Scherf, Guilhem (dir.), Portraits publics, portraits priv\u00e9s, 1770  \u00e0 1830, cat. exp. (Paris (France), Galeries nationales du Grand Palais, 02\/10\/2006), Paris, R\u00e9union des mus\u00e9es nationaux, 2006","bibliographyDate":"2006","bibliographyDetail":"p. 129-130, n\u00b032","comparison":false},{"bibliographyRef":"Girodet 1767-1824, cat. exp. (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 22\/09\/2005-02\/01\/2006 ; Chicago, The Art institute of Chicago, 11\/02-30\/04\/2006 ; New York, The Metropolitan Museum of Art, 22\/05-27\/08\/2006 ; Montr\u00e9al, Mus\u00e9e des Beaux-Arts, 12\/10\/2006-21\/01\/2007), Paris, Gallimard \/ Louvre \u00e9ditions, 2005","bibliographyDate":"2005","bibliographyDetail":"p. 331, ill. coul.","comparison":false},{"bibliographyRef":"Compin, Isabelle ; Roquebert, Anne, Catalogue sommaire illustr\u00e9 des peintures du mus\u00e9e du Louvre et du mus\u00e9e d\u0027Orsay.\u00a0III. Ecole fran\u00e7aise, A-K, Paris, R.M.N., 1986","bibliographyDate":"1986","bibliographyDetail":"p. 53, ill. n\u0026b","comparison":false},{"bibliographyRef":"Compin, Isabelle ; Reynaud, Nicole, Catalogue des peintures du mus\u00e9e du Louvre.\u00a0I,\u00a0Ecole fran\u00e7aise, Paris, R.M.N., 1972","bibliographyDate":"1972","bibliographyDetail":"p. 29","comparison":false}],"exhibition":[{"value":"Petite galerie 5 : Figure de l\u0027artiste, Richelieu, Salle 101 - Galerie Richelieu, 26\/09\/2019 - 30\/06\/2021 "},{"value":"Le Mod\u00e8le noir, Paris (Externe, France), Mus\u00e9e d\u0027Orsay, 25\/03\/2019 - 21\/07\/2019, \u00e9tape d\u0027une exposition itin\u00e9rante "},{"value":"La repr\u00e9sentation des populations noires en France et en Grande Bretagne entre 1700 et  1830, La Chapelle, 01\/03\/2014 - 01\/06\/2014 "},{"value":"Patrice Ch\u00e9reau: les corps et les visages, Sully, [Peint] Salle 43 F - Restout : grande peint. d\u0027Histoire au XVIII\u00e8, 03\/11\/2010 - 31\/01\/2011 "},{"value":"Portraits publics, portraits priv\u00e9s, 1770 \u00e0 1830, Paris (France), Galeries nationales du Grand Palais, 02\/10\/2006 - 09\/01\/2007, \u00e9tape d\u0027une exposition itin\u00e9rante "}],"relatedWork":[],"image":[{"urlImage":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/large\/0000000021\/0000065532\/0001096381_OG.JPG","urlThumbnail":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/small\/0000000021\/0000065532\/0001096381_OG.JPG","copyright":"\u00a9 2021 GrandPalaisRmn (mus\u00e9e du Louvre) \/ Mathieu Rabeau","type":"face, recto, avers, avant ; vue d\u0027ensemble ; vue sans cadre","position":0},{"urlImage":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/original\/0000000021\/0000065532\/0000597889_OG.JPG","urlThumbnail":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/small\/0000000021\/0000065532\/0000597889_OG.JPG","copyright":"\u00a9 2010 Mus\u00e9e du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn \/ Ang\u00e8le Dequier","type":"face, recto, avers, avant ; vue d\u0027ensemble ; vue avec cadre","position":1},{"urlImage":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/large\/0000000021\/0000065532\/0000134251_OG.JPG","urlThumbnail":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/small\/0000000021\/0000065532\/0000134251_OG.JPG","copyright":"\u00a9 2006 GrandPalaisRmn (mus\u00e9e du Louvre) \/ G\u00e9rard Blot","type":"face, recto, avers, avant ; vue d\u0027ensemble ; vue sans cadre","position":2},{"urlImage":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/original\/0000000021\/0000065532\/0000049020_OG.JPG","urlThumbnail":"https:\/\/collections.louvre.fr\/media\/cache\/small\/0000000021\/0000065532\/0000049020_OG.JPG","copyright":"\u00a9 2003 Mus\u00e9e du Louvre, Dist. GrandPalaisRmn \/ Ang\u00e8le Dequier","type":"face, recto, avers, avant ; vue d\u0027ensemble ; vue avec cadre","position":3}]}