face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue sans cadre © 1994 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda
face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue avec cadre © 2002 Musée du Louvre / Angèle Dequier
© 1994 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda
© 2002 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Apparition de la Vierge à saint Jacques le Majeur

1629 / 1630 (2e quart du XVIIe siècle)
INV 7285 ; MR 2328
Département des Peintures
Actuellement visible au Louvre
Salle 828
Aile Richelieu, Niveau 2
Numéro d’inventaire
Numéro principal : INV 7285
Autre numéro d'inventaire : MR 2328
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Poussin, Nicolas (Les Andelys, 1594 - Rome, 1665)
France École de

description

Dénomination / Titre
Titre : Apparition de la Vierge à saint Jacques le Majeur
Description / Décor

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Hauteur : 3,01 m ; Largeur : 2,42 m
Matière et technique
huile sur toile

Lieux et dates

Date de création / fabrication
2e quart du XVIIe siècle (1629 - 1630)

Données historiques

Historique de l'œuvre
Historique:
Collection Armand Jean de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu (1629-1715) ; acquis de celui-ci par Louis XIV, 1665 ; inventaire Le Brun, no 170 (cf. Brejon de Lavergnée (A.), 1987a) ; hôtel de Grammont à Paris, 1690 ; présenté dans le salon de l’Abondance au château de Versailles, 1703 (cf. Rosenberg (P.), 2015) ; présenté dans le cabinet des Tableaux du Roi au palais du Luxembourg, 1750 (cf. McClellan, 1994) ; au Louvre en 1785 (inventaire Duplessis, no 125) ; exposé à l’ouver ture du Muséum (Louvre), 1793 (no 159 du cat. ; cf. Dubreuil, 2001) ; envoyé au musée spécial de l’École française au château de Versailles, 1797 (cf. Cantarel-Besson, 1992 ; Catalogue de l’an X, 1801-1802, no 59) ; transféré au Louvre, 1810 (A.M.N., *P12, fol. 43 : 11 mars 1810).

Commentaire:
Peint pour une église de Valenciennes, ville alors sous domination espagnole, l’Apparition de la Vierge à saint Jacques le Majeur est datée vers 1630 selon Bellori, même si une datation un peu plus précoce, vers 1629, paraît aujourd’hui plus plausible (cf. Bellori, 1672). En 1665, le Cavalier Bernin voit le tableau chez le duc de Richelieu et le trouve « très beau et peint avec grande force ». Chantelou, qui rapporte cet épisode, précise que la toile de Poussin est alors nommée « Virgen del Pilar », « Vierge du pilier » (cf. Chantelou, [1665] éd. 2001). Ce titre s’est imposé jusqu’au milieu du xixe siècle. Il procède de la légende espagnole de saint Jacques, qui précise que la Vierge lui est apparue à Saragosse assise sur un pilier de jaspe, entourée d’anges et ordonnant au saint de convertir l’Espagne : « Le “pilier” est ici une chaire du haut de laquelle la Vierge harangue silencieusement l’apôtre, lui communiquant l’inspiration divine dont elle reçoit elle-même le souffle sous la forme d’un vent qui fait refluer ses voiles […] La réception du message divin par l’apôtre, investi par lui de la mission de convertir l’Espagne, révèle sa capacité à s’en montrer digne. Le style de sa passivité présente à la vue du divin préfigure celui de son activité future de logophore parmi les hommes. Non pas renversé en arrière ou incliné en avant, dans une attitude servile, mais le visage modestement levé, le buste droit, riche d’autorité latente, la main droite appliquée sur le coeur dans le geste classique de l’attestation. La lumière qui vient d’en haut trouve tout naturellement dans ce corps déployé et offert un miroir digne d’elle » (cf. Fumaroli, 1994). Construite suivant une puissante diagonale qui joint les figures de la Vierge et du saint, la composition impressionne par son dynamisme et sa monumentalité. Les personnages sont plus grands que le naturel et paraissent comprimés par le cadre. Les expressions sont exacerbées. L’un des compagnons du saint est prosterné au premier plan, figure repoussoir peut-être inspirée des pélerins de la Madone de Lorette de Caravage (Rome, église Saint-Augustin). Le coloris est fondé sur la tension entre les couleurs chaudes et froides : jaune et bleu dans le registre inférieur, jaune et rouge dans le registre supérieur. Avec le Martyre de saint Érasme de la Pinacothèque vaticane, c’est sans doute la toile la plus baroque de Poussin. L’Apparition de la Vierge à saint Jacques le Majeur a été peinte sur une toile d’armure simple comprenant 7 × 9 fils au cm2. L’oeuvre a été restaurée par François Louis Colins en 1750 (cf. Massing, 2012). Le tableau a été rentoilé par François Toussaint Hacquin en 1785 (cf. Rosenberg (P.), 2015). À la suite de plusieurs soulèvements, Émile Rostain a effectué un rentoilage en 1957, suivi d’une intervention en couche picturale par Jacques Roullet en 1958 (N. Milovanovic, 2021).
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Mode d’acquisition
entrée - Collection de Louis XIV
Propriétaire
Etat
Affectataire
Musée du Louvre, Département des Peintures

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Richelieu, [Peint] Salle 828 - Les peintres de Louis XIII, roi de France de 1610 à 1643

Bibliographie

- Milovanovic, Nicolas, Peintures françaises du XVIIe du musée du Louvre, Editions Gallimard / Musée du Louvre Editions, 2021, p. 192, ill. coul., n°417
- Castelluccio, Stéphane, « Esthétique et politique : La présentation des tableaux des collections royales dans le Grand Appartement à Versailles de Louis XIV à la Révolution », Versalia, n°21, 2018, p. 37-58, p. 39, 40, 41, 55, ill. p. 40, n°4
- Poussin, Le Massacre des Innocents. Picasso, Bacon, cat. exp. (Chantily, musée Condé, 11 septembre 2017 - 7 janvier 2018), Paris, Flammarion, 2017, p. 55-57, fig. 5 (coul.)
- Poussin et Dieu, cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 30 mars - 29 juin 2015), Paris, Hazan/ Louvre éditions, 2015, p. 94, 96, 120, 158, 167
- Rosenberg, Pierre, Nicolas Poussin : les tableaux du Louvre, Paris, Louvre éditions/ Somogy, 2015, p. 92-97, coul., n° 8
- Massing, Ann, Painting Restoration Before La Restauration: The Origins of the Profession in France, Cambridge, Harvey Miller Publishers, 2012, p. 260
- Koenig, Stéphanie, « Le Muséum des Arts (Louvre) en 1796 : catalogue des peintures exposées », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 2010, 2011, p. 169-189, p. 181, 188, n° 137
- Poussin et Moïse. Du dessin à la tapisserie, 1, cat. exp. (Rome, Villa Médicis, 7 avril - 5 juin 2011/ Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, 30 juin - 26 septembre 2011), Rome, Drago, 2011,
- Chantelou, Paul Fréart de, Journal de voyage du cavalier Bernin en France, ed. Macula, 2001, p. 256
- Dubreuil, Marie-Martine, « Le Catalogue du Muséum Français (Louvre) en 1793 », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 2001 (2002), p. 125-165, n°159
- McClellan, Andrew, Inventing the Louvre : art, politics, and the origins of the modern museum in eighteenth-century Paris, Cambridge, Cambridge university press, 1994, p. 49, 206
- Bellori, Giovanni Pietro, « Vie de Poussin (1re éd., 1672) », dans Vies de Poussin, 1994 [1672], p. 414
- Cantarel-Besson, Yveline, Musée du Louvre (janvier 1797-juin 1798). Procès-verbaux du Conseil d'administration du "musée central des Arts", Paris, R.M.N., 1992, p. 79, 130
- Compin, Isabelle ; Roquebert, Anne, Catalogue sommaire illustré des peintures du musée du Louvre et du musée d'Orsay. IV. Ecole française, L-Z, Paris, R.M.N., 1986, p. 143, ill. n&b
- Compin, Isabelle ; Reynaud, Nicole ; Rosenberg, Pierre, Musée du Louvre. Catalogue illustré des peintures. Ecole française. XVIIe et XVIIIe siècles : II, M-Z, Paris, Musées nationaux, 1974, p. 52, 211, fig. 655, n° 655
- Compin, Isabelle ; Reynaud, Nicole, Catalogue des peintures du musée du Louvre. I, Ecole française, Paris, R.M.N., 1972, p. 301
- Brière, Gaston, Musée national du Louvre. Catalogue des peintures exposées dans les galeries. I.Ecole française, Paris, Musées nationaux, 1924, p. 206, n° 719

Expositions

- Poussin, Paris (France), Galeries nationales du Grand Palais, 27/09/1994 - 02/01/1995, étape d'une exposition itinérante
Dernière mise à jour le 04.04.2022
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