RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Tony Querrec
Autre Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Tony Querrec
Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola

Portrait du chanoine Claude-Charles Deschamps (1699-1779).

Numéro d’inventaire
RF 29765, Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.26, p.107
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
La Tour, Maurice-Quentin de (1704-1788)
Ecole française

description

Dénomination / Titre
Portrait du chanoine Claude-Charles Deschamps (1699-1779).
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
Chanoine de Laon, Claude-Charles Deschamps était le cousin germain de La Tour. Geneviève Monnier, Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 78. Neil Jeffares donne ce pastel à Maurice-Quentin de La Tour, portrait de Claude-Charles Deschamps (1699-1779), chanoine de Laon (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 287). Albert Besnard et Georges Wildenstein cataloguent en 1928 un second exemplaire du portrait du chanoine Deschamps (p. 139, no 97, repr.pl. LIII, fig. 80). De plus petites dimensions (0,32 × 0,23 m) et d'un cadrage plus serré, l'œuvre était passée à l'encan à Paris le 16 mars 1923 lors de la dispersion à l'hôtel Drouot de la collection de Mme R*** (lot 86 bis) avant d'entrer dans la collection David-Weill à Paris. Elle est aujourd'hui conservée à l'Art Institute of Chicago (fig. 56. Inv. 1998.115). Ainsi que le précise l'annotation portée à l'encre sur le panneau de bois protégeant le châssis du pastel et sa toile de marouflage, Claude Charles Deschamps était prêtre, bachelier théologien de la Sainte Faculté de Paris et chanoine régulier de la cathédrale de Laon. Il était aussi le cousin germain de Maurice Quentin de La Tour, dont la famille était originaire de la même ville. Son grand père, Jean Delatour, avait quitté Laon en 1671 pour venir travailler comme maître-maçon à la réparation de la collégiale de Saint-Quentin, en partie détruite par un incendie. Son oncle et sa tante, Philippe Bougier et Anne de La Tour, résidaient également à Laon. Ils étaient les parents d'Anne Bougier, dont La Tour était tombé amoureux dans sa jeunesse et avec laquelle il avait eu un enfant mort-né le 15 août 1723. Dissimulée, cette grossesse avait été punie d'une amende de 3 livres. Une partie de la famille Deschamps vivait également à Paris. Noëlle Deschamps avait épousé Augustin Masse, marchand de tabac installé Pont-Marie, paroisse Saint-Louis-en-l'Île. Marie-Jeanne Deschamps était mariée à Pierre Mauclair, bourgeois de Paris. Les heureux événements de l'existence les réunissaient parfois avec leur prestigieux cousin, peintre de l'Académie royale, à l'exemple du mariage de Charlotte Masse avec un autre cousin de La Tour, Jean-Robert Dorison, le 4 janvier 1761 (A.N., M.C., LXXXIX / 595, cité par Neil Jeffares, www.pastellists.com). Le 20 octobre 1768, dans son premier testament, l'artiste faisait acte de générosité envers son cousin Deschamps, chanoine de Laon, la fille de son frère et ses sœurs Masse et Mauclair, ses cousines, en léguant 100 pistoles à chacun d'entre eux (Besnard et Wildenstein, 1928, p. 74-75). La même année, si l'on en croit l'annotation en latin déjà citée, il fixait également les traits du chanoine. Il s'agissait là d'un exercice auquel le maître prenait particulièrement plaisir et qu'il avait pratiqué à maintes reprises. Tout au long de son existence, le pastelliste avait à l'évidence aimé la compagnie de ces hommes d'Église auprès desquels il avait trouvé de l'esprit et de la culture. Avec leur habit noir ou marron parfois seulement relevé du liseré blanc du rabat, ils offraient, en se concentrant sur leurs seuls visages, de merveilleux sujets psychologiques où l'âme devait se révéler dans la ressemblance la plus parfaite. Œuvre tardive, le portrait du chanoine Deschamps en constitue un remarquable exemple. Caractéristique des dernières années, la matière des chairs s'écrase sur le papier, les traits perdant en netteté et se fractionnant en des accents plus serrés et plus fondus. Point de cette « affectation de contraste dans la couleur » que Diderot détestait, seule la « nature toute pure », au service d'une profonde humanité (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 97, p. 204-206). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 97.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,405 m ; L. 0,325 m
Matière et technique
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile tendue sur châssis à écharpes. Annoté à la plume et encre brune sur le panneau de bois de protection arrière : Claudius Carolus Deschamps, presbyter, Sacrae Facultatis parisiensis baccalarius theologus, ecclesiae laudanensis canonicus [plusieurs mots illisibles] regnarius, anno aetatis 69, 1768, D[ono]. D[edit]. Quentin de La Tour, regius pictor academicus fecit. Étiquette de l'exposition « Quentin de La Tour et les pastellistes des XVIIe et XVIIIe siècles » à l'hôtel Jean Charpentier à Paris, en 1927. Étiquette sur fond rouge portant la mention Annexe no 581 collée sur le cadre en haut à droite sous le papier de protection qui couvrait le joint entre le panneau de bois et le cadre.
Les mesures du cadre sont : H : 00,58 ; L : 00,50 et profondeur : 00,065. Annotation à la plume et encre brune au dos du cadre, sur le bois : 'Claudius Carolus Deschamps, presbyter, Sacrae Facultatis parisiensis baccalarius theologus, ecclesiae laudanensis canonicus...regnarius, anno aetatis 69, 1768, D.D. Quentin de La Tour, regius pictor academicus fecit' . Restauré en 2004.
La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien des American Friends of the Louvre en 2014.

Données historiques

Historique de l'œuvre
Propriété du modèle. Acquis par un commissaire-priseur de Douai dans un château du Boulonnais. Cité en 1927 dans la collection du peintre Théodore Bernard Wolff (1860 -1949 ?), avenue Gourgaud à Paris. Légué après sa mort au musée du Louvre en 1949 par l'intermédiaire de sa soeur, Mme William Marçais. Restauré en 2004 (décadrage, démontage du panneau de protection arrière, dépoussiérage de la toile de marouflage, consolidation au verso au moyen de papier japonais des quatre petits enfoncements visibles en partie supérieure du pastel). Nouveau décadrage et dépoussiérage de la toile de marouflage en septembre 2013.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Marçais, William, Mme
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1949

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve des pastels

Index

Collections
Sujets
Techniques

Expositions

- Le portrait français de Watteau à David, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/12/1957 - 24/03/1958
- Choix de pièces des donations et acquisitions du cabinet des Dessins du Louvre 1946-1954, Paris, Musée du Louvre, 14/01/1955 - 31/05/1955
- Pastels et miniatures du XVIIe et XVIIIe siècles : XXXIe exposition du Cabinet des dessins, Paris, Musée du Louvre, 26/11/1963 - 31/12/1963
- Pastels français des collections nationales et du musée La Tour de Saint-Quentin, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/05/1949 - 27/06/1949
- Pastels de Maurice-Quentin Delatour, Paris, Musée du Louvre, 15/09/2004 - 09/05/2005
- En société. Pastels du musée du Louvre XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Musée du Louvre, 06/06/2018 - 10/09/2018
Dernière mise à jour le 02.02.2021
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