RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
Environnement Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
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Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
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Portrait de Jean-Baptiste II Le Moyne ( 1704-1778)

Numéro d’inventaire
RF 2148, Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.19, p.179
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
La Tour, Maurice-Quentin de (1704-1788)
Ecole française

description

Dénomination / Titre
Portrait de Jean-Baptiste II Le Moyne ( 1704-1778)
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
Geneviève Monnier, Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 76. Neil Jeffares donne ce pastel à Maurice-Quentin de La Tour, portrait de Jean-Baptiste Lemoyne (1722- ) (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 293). Neil Jeffares répertorie plusieurs copies (www.pastellists.com) :- Une copie annotée Vigée Le Brun et datée de 1774 est conservée au Cleveland Museum of Art (inv. 2011.49) après avoir été offerte en 2010 par le Dr Paul. J. Vignos, Jr (1919-2010).- Une miniature attribuée à Lainé est citée dans la collection d'Yves Le Moyne en 1906 avant d'être vendue à Paris à l'hôtel Drouot le 5 février 1912 (lot 38, repr.).- Une copie au pastel, avec variantes, a été vendue successivement par Bonhams à Oxford le 10 août 2011 (lot 30, repr. 0,605 × 0,510 m) puis par JS Auctions à Banbury le 22 septembre 2012 (lot 474).- Une copie par Raphaël Bouquet a été vendue par Monsantic à Mons le 6 décembre 2015 (lot 253. 0,45 × 0,37 m). S'il est établi que le pastel fut peint dans un contexte amical,La Tour et Lemoyne s'appliquant chacun à fixer les traits de l'autre puis à présenter leurs œuvres au Salon en 1747, 1748 et 1763 (voir Salmon, 2004, p. 60), certaines interrogations demeurent. Ainsi, Jean-Baptiste Lemoyne est-il ici âgé de quarante-trois ans ou de cinquante-neuf ans ? La question a son importance. Elle divise les historiens de l'art depuis de nombreuses années. Pour Émile Dacier et Paul Ratouis de Limay, le portrait exposé au Salon de 1747 était celui en possession de Georges Dormeuil en 1927. Ayant appartenu jusqu'en 1901 à Yves Le Moyne, arrière-petit-fils du sculpteur, il avait été présenté comme tel à l'hôtel Jean-Charpentier à Paris lors de l'exposition de pastels français du xviie et du xviiie siècle (p. 26-27,no 40). Décrivant l'homme en buste assis sur un fauteuil recouvert de damas rouge, la tête portant perruque, l'effigie est récemment réapparue sur le marché de l'art parisien à l'occasion d'une vente organisée par la maison Pierre Bergé le 8 juin 2016 (lot 10.0,445 × 0,355 m). Pour les deux historiens de l'art, La Tour avait aussi présenté au Salon de 1763 une nouvelle effigie dont l'œuvre du musée du Louvre conservait le souvenir, mais peut-être en tant que réplique ainsi que l'avaient suggéré Élie Fleury et Gaston Brière dès 1920. C'était là singulièrement compliquer les faits. L'examen du pastel ayant appartenu à Dormeuil permet aisément de constater qu'il ne s'agit pas d'une œuvre autographe du maître, perruque,habit et siège étant d'un traitement trop dur. Le visage lui-même est une reprise exacte de celui du portrait du Louvre, mais sans génie. Il n'y a donc aucune chance pour que cette œuvre soit l'une de celles montrées au Salon par La Tour. Ainsi que l'a justement souligné Jean-François Méjanès, le visage du sculpteur n'offre ni sur le pastel Dormeuil, ni sur le pastel du Louvre, les traits d'un homme de presque soixante ans. L'aspect encore juvénile conduit bien au contraire à penser que le modèle est dans la quarantaine. Aussi peut-on en conclure que c'est plus probablement le portrait du Louvre qui fut exposé au Salon de 1747 et qu'il le fut peut-être à nouveau en 1763 sous le numéro 69 avec d'autres effigies de l'artiste, puisque le Journal encyclopédique souligna alors que le sculpteur était figuré tel qu'on le voyait ordinairement dans son atelier, « dans le négligé d'un homme véritablement occupé » (cité par Sahut, 1984, p. 302), soit tel qu'il apparaît sur le pastel acquis en 1899 par le musée. Enfin, comme on l'a parfois défendu, le dessin un peu fondu ne saurait être un argument afin de légitimer une exécution tardive et la seule exposition au Salon de 1763. Si La Tour eut en effet recours à ce traitement de manière régulière pour plusieurs de ses œuvres en fin de carrière, bien avant les années 1760, de nombreux pastels présentaient déjà ce métier tout en nuance où les accents graphiques donnant de la vigueur au visage étaient presque absents. En fait, seule la réapparition de l'exemplaire que La Tour avait conservé pour lui et que cite son frère Jean-François dans son testament du 20 septembre 1806 permettra d'appuyer ou non notre démonstration. Proposé sans succès à la vente en 1810, il avait finalement été acquis par Joly de Bammeville et n'est aujourd'hui plus localisé (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 86, p. 172-173). neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 86.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,464 m ; L. 0,388 m
Matière et technique
Pastel sur deux feuilles de papier bleu assemblées à joints couvrants et marouflées sur toile tendue sur châssis assemblé à mi-bois avec équerres d'angle. Les mesures du cadre sont : H : 00,64 ; L : 00,565 et profondeur : 00,09. Longue annotation manuscriste au verso du cadre : 'de La Tour Maurice / 1704 - 1788 / Portrait de J.B. Lemoyne (1704 - 1778) / sculpteur du Roi, Directeur de l'Académie / Royale de Peinture et de sculpture / à l'âge de 59 ans en 1763 (a figuré sous le n°69du catalogue du salon de 1763 -exposition de De La Tour / Collection Deloyne T.III -Bibl. Nle. Estampes) / Le Mercure (souligné) et la Description des Tableaux exposés au Louvre (souligné) , publications parues en 1763, mentionnent dans les portraits non nommés sur le catalogue du Salon de cette époque, le / Portrait de Lemoyne (souligné), le sculpteur, par La Tour (souligné) / (voir la gazette des Bx. Arts de 1867 -1er février, p. 156) / Le Moyne fit, de son côté, le buste du / peintre La Tour, qui se trouve actuellement / au Musée de Saint Quentin'. Pastel et cadre restaurés en 2004

Données historiques

Historique de l'œuvre
Sans doute exposé par l'artiste au Salon de 1747. Parmi les portraits au pastel regroupés sous l'unique numéro 111, le Mercure de France de septembre 1747 cite en effet celui de « Le Moyne, sculpteur ». Peut-être à nouveau exposé au Salon de 1763, sous le numéro 69, avec plusieurs autres portraits. Resté dans la descendance du modèle jusqu'à Yves Le Moyne en 1899, année au cours de laquelle l'oeuvre est acquise par le musée du Louvre (A.L., P6 1899, 6 avril). Restauré en septembre 2004 par (décadrage, dépoussiérage de la toile de marouflage, ré encadrement).
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Le Moyne
Mode d’acquisition
achat
Date d’acquisition
1899

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve des pastels

Index

Collections
Sujets
Techniques

Expositions

- Le portrait français de Watteau à David, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/12/1957 - 24/03/1958
- Pastels, Paris, Musée du Louvre, 27/07/1989 - 18/09/1989
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 23/06/1998 - 18/01/1999
- Diderot et l'art, de Boucher à David, Paris, Hôtel des Monnaies, 05/10/1984 - 06/01/1985
- Pastels de l'école française, Paris, Musée du Louvre, 01/12/1992 - 30/06/1993
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 30/05/1995 - 30/11/1995
- Exposition des pastels de M.Q. de la Tour (1704-1788) appartenant au Musée de Saint-Quentin et au Musée du Louvre, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 12/08/1930 - 25/09/1930
- Pastels français des collections nationales et du musée La Tour de Saint-Quentin, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/05/1949 - 27/06/1949
- Pastels de Maurice-Quentin Delatour, Paris, Musée du Louvre, 15/09/2004 - 09/05/2005
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 18/12/2002 - 03/11/2003
- En société. Pastels du musée du Louvre XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Musée du Louvre, 06/06/2018 - 10/09/2018
Dernière mise à jour le 02.02.2021
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