RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
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Autre Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo L. Chastel
RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
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Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo L. Chastel

Vue de Verdun

1665
Numéro d’inventaire
INV 33053, Recto
Anciens numéros d'inventaire :
NIII 15627
MA 12514
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.13, p.361
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
SILVESTRE Israël (1621-1691)
Ecole française

description

Dénomination / Titre
Vue de Verdun
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
"Annexée à la France en 1648 à la suite du traité de Westphalie, la ville de Verdun, située sur la route de Reims à Metz, est traversée par la Meuse. Silvestre a choisi de la représenter depuis le sud, dans l'axe de la porte Saint-Victor, l'une de ses trois portes médiévales. Si la ville est parfaitement détaillée et achevée, le premier plan, peuplé de quelques figures champêtres, est seulement esquissé. La ville était organisée en trois parties. À l'ouest, sur un relief naturel, se trouve la citadelle, qui fut édifiée à partir de 1624 par Marillac selon un plan heptagonal. L'église abbatiale de Saint-Vanne, située au cœur de la citadelle et qui fut fondée en 952, possédait deux tours romanes du XIIe siècle et une nef gothique du XVIe siècle. Au centre de la composition, ville haute et ville basse semblent se mêler. Elles étaient séparées par la Meuse, dont on devine l'un des bras au premier plan au pied des murailles, ainsi qu'à l'arrière-plan, où Silvestre esquisse ses quelques méandres. La ville basse occupe le premier plan : la porte Saint-Victor vers laquelle convergent les troupeaux guidés par quelques bergers, les murailles médiévales rythmées de tours rondes, les petites églises et les nombreuses maisons. La ville haute se situe plus loin, au nord : on y reconnaît la cathédrale Notre-Dame, au plan dédoublé à deux transepts, deux chœurs et quatre tours, qui anime de sa silhouette ici un peu exagérée le profil général de la ville. Plusieurs fois détruite et reconstruite, elle date en partie de l'an 1000, des XIIe et XIVe siècles. Un incendie s'y déclara en 1755, et, à la suite de restaurations, l'édifice perdit deux tours et la plupart de ses traits médiévaux. À l'est de Notre-Dame, Silvestre représente une maison qui « avait son beffroi, flèche haute et aiguë, entourée de clochetons et surmontée de la double aigle germa- nique aux ailes déployées (1) ». Elle servit d'hôtel de ville de 1388 à 1738, date à laquelle le conseil s'installa dans l'hôtel actuel. Silvestre représente également la collégiale de la Madeleine, construite au XIe siècle et dotée de deux grosses tours romanes. Elle fut reconstruite en style Renaissance à la fin du XVIIe siècle, lorsque les vastes travaux ordonnés par Vauban de 1675 à 1690 modifièrent durablement la ville : de lourds travaux hydrauliques furent menés du côté du pré Levesque, et tout le système défensif fut revu. Au-delà d'un premier plan inhabituellement champêtre, Silvestre offre une vue de la ville qui rend compte des deux aspects de son identité au XVIIe siècle : d'une part, une vie ecclésiastique très active depuis le Haut Moyen Âge, dont témoignent les nombreux clochers d'églises ; d'autre part, un rôle militaire de ville frontière dont l'importance était alors telle que ses fortifications durent être largement modernisées par Vauban, seulement une décennie plus tard." Notes : 1. Simon, 1946, rééd. 2015, p. 120. Bibl. : Belin, 1968, no 54. Exp. : Jamais exposé. (Marie Morillon in "La France vue du Grand Siècle. Dessins d'Israël Silvestre (1621-1691)" (Paris, musée du Louvre, 15 mars - 25 juin 2018), cat. sous la dir. de Bénédicte Gady & Juliette Trey, n°43).
Description de l'album :
« Soixante-seize feuilles proviennent de l'« album Silvestre » (Inv. 33011 à 33086)(80) .../... il s'agit d'un album factice, manifestement constitué au XVIIIe siècle, en réutilisant une reliure en veau, pleine peau lisse, dont les fers laissent penser qu'elle est d'origine nordique (83). L'examen du dos révèle que la reliure a été prise à l'envers par rapport à l'orientation des dessins dans l'album : les fleurons gravés au fer sont renversés, une étiquette de papier masque le caisson de tête et un cuir a été rapporté sur le septième, vraisemblablement pour cacher un ancien titre. Les pages de l'album portent un filigrane (aigle à deux têtes couronnées) et la contremarque de Thomas Marie Dupuy, famille de papetiers de Riom, moulin Grand-Rive à Ambert, actif de 1725 à 1778 (84).../...L'album est entré dans les collections royales à une date inconnue et se trouvait au Louvre pendant la Révolution (85). .../...la plupart des dessins du volume ont d'abord été collés sur une feuille ou sur des bandes de papier bleu, papier ensuite fixé sur la page d'album. L'examen révèle plusieurs étrangetés : les bandes bleues n'entourent que la partie collée des dessins pliés, dont la partie repliée présente des traces d'anciens collages ; certains dessins recto-verso sont attachés par une charnière au papier bleu alors qu'ailleurs c'est le papier bleu lui-même qui est mobile pour donner accès à un dessin collé sur son verso. ../...Depuis la Révolution, les dessins de l'album ont fait l'objet de traitements variés : cer- tains feuillets en ont été détachés, puis réintégrés ou non), d'autres ôtés après découpe des pages d'album, puis réintégrés ou non. Dans certains cas, les bandes de papier bleu ont même été refaites. Tous souffraient d'un empoussièrement dû au caractère non compact de l'album. Le tiers des dessins, de dimensions supérieures à celles de l'ouvrage, avaient dû être pliés lors de sa confection, ce qui créait des zones de fragilité au niveau des pliures et des zones de frottement sur le motif.../... C'est probablement aussi lors de la constitution de l'album que des dessins qui n'en formaient qu'un autrefois ont été coupés et séparés .../... Enfin, le collage des feuilles dans l'album s'était parfois fait sans égard pour la présence de dessins sur leur verso, parfois à demi cachés , parfois entièrement."
Notes : 83. Nous remercions Valentine Dubard et Peter Fuhring pour leurs observations éclairantes sur l'album. Les dimensions de l'album sont H. 47,5 ; L. 64 ; ép. 8,5 cm. 84. Raymond Gaudriault & Thérèse Gaudriault, Filigranes et autres caractéristiques des papiers fabriqués en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1995, p. 79, signalé par Valentine Dubard. 85. Lorsque Morel d'Arleux dresse l'inventaire Napoléon, il mentionne le volume comme provenant de la collection ancienne (AMN 1 DD 40, vol. 8, p. 1573).
(Bénédicte Gady & Juliette Trey, in "La France vue du Grand Siècle. Dessins d'Israël Silvestre (1621-1691)" (Paris, musée du Louvre, 15 mars - 25 juin 2018), pp. 26-31).

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,383 m ; L. 0,91 m
Matière et technique
Graphite, pierre noire, plume et encres brune et noire, aquarelle
H. 38,3 ; L. 91 cm
Annoté à la plume et encre brune, en haut à droite : 43 ; I . Verdun
Nombreuses annotations de couleurs, à la plume et encre brune : vert ; rouge ; terre rouge ; et au graphite : rouge ; ver ; rouge et gris

Lieux et dates

Date de création / fabrication
1665

Données historiques

Historique de l'œuvre

Inventaire du musée Napoléon :
Inventaire du Mus¿e Napol¿on. Dessins. Vol.8, p.1573, chap. : Ecole française, Volume 3. (...) Num¿ro : 12514. D¿signation des sujets : Volume 3 n° 34 à l'encre. Ce volume est de forme oblongue et relié en veau. Cote : 1DD40

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve des grands albums
Album Silvestre Israël
Folio 42
rapporté au recto

Index

Expositions

- La France vue du Grand Siècle. Dessins d'Israël Silvestre (1621-1691), Paris, Musée du Louvre, 14/03/2018 - 25/06/2018
Dernière mise à jour le 02.07.2019
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