Projet pour une statue du pape Paul V Borghese

vers 1610/1611
Numéro d’inventaire
RF 54588, Recto
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Cordier, Nicolas (1576-1623)
Ecole française

Anciennes attributions :
ALGARDI Alessandro

description

Dénomination / Titre
Projet pour une statue du pape Paul V Borghese
Projet pour la statue en bronze du pape Paul V Borghese commandée par la municipalité de Rimini en 1610 et érigée en 1614, deux ans après la mort du sculpteur romain (actuellement à Rimini, piazza Cavour).
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
Dominique Cordellier a rédigé la notice suivante pour le catalogue de l'exposition : 'Réconciliations: Henri IV, Rome et la France', Pau, Musée national du château, avril 2020, Paris, éditions de la Réunion des Musées nationaux, 2020 :
« À Rome, Nicolas Cordier pratiqua principalement la sculpture sur marbre mais il conçut aussi quelques œuvres en bronze remarquables. Sa statue d'Henri IV à Saint-Jean de Latran en offre un exemple, celle du pape Paul V Borghèse dont nous présentons ici le seul dessin préparatoire connu, un autre. Grâce aux documents d'archives et aux recherches de S. Pressouyre (1984) et de F. Nanni (2004) les origines et l'histoire de la statue de Paul V sont bien connues. Ce fut d'abord le conseil communal de Rimini qui exprima, en octobre 1610, le désir d'ériger une statue de marbre de Paul V, grand bienfaiteur du pays. Un mois plus tard, le projet évolua vers l'exécution d'une statue dans un matériau plus noble, plus durable et moins coûteux : le bronze. Mais le sculpteur fut choisi à l'insu du conseil qui apprit en avril 1611 qu'un marché avait été conclu avec Cordier. Cette décision fut vraisemblablement prise soit à l'initiative du cardinal Scipione Borghèse, neveu du pape, soit à celle d'un des favoris du souverain-pontife, le cardinal Michelangelo Tonti, originaire de Rimini (Nanni, op. cit. supra, 2004, p. 28-29).
N'étant pas fondeur, Cordier dût s'adjoindre un bronzier et passa à cette fin un contrat avec Bastiano Sebastiani le 10 avril 1611 (Pressouyre, op. cit. supra, 1984, I , p. 407 et p. 305-307 doc 220). Celui-ci s'engagea à couler la statue, plus grande que nature, en se conformant très exactement aux instructions du sculpteur. L'œuvre, dont le modèle était déjà achevé le 14 janvier 1612, fut fondue soit à Recanati - lieu où s'était formé Sebastiani - soit à Rome - où travaillait Cordier - (Nanni, op./ cit. supra, 2004, p. 31, 39-40), et elle ne fut terminée qu'en 1613, après la mort de Cordier le 24 novembre 1612. La disparition de celui-ci explique peut-être, d'une part, que la décoration prévue pour le piédestal n'ait jamais été exécutée, d'autre part, que le nom de Cordier comme auteur de l'œuvre ait été pratiquement oublié à Rimini où elle passa le plus souvent pour être toute entière une création de Sebastiani. Mais au-delà des documents, deux choses attestent que Cordier a bien conçu et façonné son modèle : d'une part, nous disposons des témoignages écrits de l'historien Raffaele Adimari(Sito Riminese, Brescia, 1616, libro II, p. 82 et ss.) et du peintre et historien de l'art romain, Giovanni Baglione (Le vite de'pittori scultori & architetti: dal pontificato di Gregoio XIII. del 1572 in fino a' tempi di papa Urbano Ottavo nel 1642, Roma, Andrea Fei, 1642, p. 115), d'autre part, nous conservons le dessin exposé ici qui, par sa construction énergique et son lavis franc, économe et contrasté, apparaît d'un style très comparable à ceux exécutés par Cordier pour ses statues de sainte Agnès (Florence, GDSU n. 14216F ; 1604) et de Henri IV (Louvre, RF 44323). C'est à John Pope-Hennessy que revient le mérite d'y avoir reconnu la main du sculpteur et d'avoir établi la relation de la feuille avec le monument de Rimini. Ce faisant, Pope-Hennessy a écarté définitivement le nom du grand sculpteur baroque Alessandro Algardi (1598 -1654) qui était attaché au dessin depuis son passage dans la collection de John Talman (1677-1726).
Comme dans le cas des dessins des statues de sainte Agnès (Florence, GDSU n. 14216F ; 1604) et d'Henri IV, le personnage qui, entre le projet graphique et l'exécution, a gagné en souplesse, en puissance et en souffle baroque, a été étudié monté sur son haut piédestal. C'est d'ailleurs ce piédestal hexagonal orné des armes du pape, al drago sorante, al capo dello stesse caricato di un'aquila, et d'écus cardinalices (Scipione Borghese et le légat Domenico Rivarola ?) et de statues (de vertus ?) qui diffère le plus du monument exécuté. Dans ce dernier la base, œuvre de l'architecte et peintre Giovanni Laurentini dit l'Arrigon (Nanni, opp. Cit. suprai, 2004, p. 47), se limite à un massif architectural octogonal. Les sommes demandées par Sebastiani pour les reliefs de bronze qui devaient l'orner découragèrent le Conseil communal d'engager sans délai de telles dépenses pour cette partie de l'œuvre qui, quand Sebastiani mourut en 1626, demeura inachevée. »


Bibliographie :
S. Pressouyre, 'Nicolas Cordier. Recherches sur la sculpture à Rome autour de 1600', Rome, École française de Rome, 1984, I, p. 410, n° 19 bis, fig. 167, p. 405 ; p. 296-297 doc. 197, 202 ; p. 304-307 doc.218-222
F. Nanni, 'la storia' in 'Paolo V in Rimini, Il monumento di un Papa tra storia e restauro', (supplément au périodique L'Argento), Villa Verucchio, La Pieve Poligrafica Editore, 2004, p. 48 (repr.), 49 ; p. 15, 30 et suivantes
D. Cordellier in 'Dessins français du Musée de Darmstadt, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles', D. Cordellier, P. Rosenberg et P. Märker, collab. M. Haas, O. Lefeuvre et F.Mancini, cat. exp. Hessisches Landesmuseum Darmastadt, Graphische Sammlung, Paris, Darmstadt, éd. Gourcuff Gradenigo, 2007, p. 38 sous n° 1
Giulio Zavatta, 'Giorgio Vasari e Nicolas Cordier a Rimini: due disegni dal "Salon du dessin e una novità a Edimburgo", L'Arco, 1-2, 2007, p. 44-47 fig. 8
'Acquisition' in 'Grande Galerie', hiver 2007-2008, n° 2, p. 64 ;
D. Cordellier, 'Principales acquisitions des musées de France' in La Revue des Musées de France. Revue du Louvre, 2008, n° 2, p. 44
D. Ekserdjian, 'Nicolas Cordier dessinateur', Quatrième rencontres internationales du Salon du Dessin, Dessins de Sculpteurs, II, sous la direction de G. Scherf, textes réunis par C.Hattori, Paris-Dijon, 2009, p. 61-67, en particulier p 62-63, . 164 fig. 5
N. Schwed, OMD sarl, Dessins anciens et modernes, Paris, Mars 2010, sous n° 1
D. Cordellier in 'Réconciliations. Henri IV et Rome', dir. Paul Mironneau, cat. exp. Pau, Musée national et domaine du château de Pau, 18 juillet - 18 octobre 2020, Pau/Paris, 2020, n° 76, pp. 132-133, repr. p. 133

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,408 m ; L. 0,262 m
Matière et technique
Plume et encre brune, lavis brun, tracé préparatoire à la pierre noire et à la sanguine. H. 405 mm ; L. 226 mm. Annotation à la plume et encre brune à droite vers le bas : agiogn (?), et en dessous : Largardi.

Lieux et dates

Date de création / fabrication
vers 1610/1611

Données historiques

Historique de l'œuvre
John Talman (marque écrite, Lugt 2926a) et inscription au verso Jo Talman - Sir John Pope-Hennesy (1913- 1994) - Salamander Fine Arts, Londres ; acheté par le Musée du Louvre en 2007 ;Commission du 14 juin 2007. Conseil artistique du 20 juin 2007. Décision du 21 juin 2007 , marque du musée (Lugt 4444). .
Mode d’acquisition
achat
Date d’acquisition
2007

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Petit format

Expositions

- Acquisitions 2005-2009, Paris, Musée du Louvre, 07/07/2010 - 11/10/2010
- Réconciliations. Henri IV et Rome (1589-1610), Pau, Musée national du Château de Pau, 18/07/2020 - 18/10/2020
Dernière mise à jour le 06.09.2021
Le contenu de cette notice ne reflète pas nécessairement le dernier état des connaissances