Hercule tuant Cacus

1588, Imprimé en 1617-1620
Goltzius, Hendrick, gravé par
Numéro d’inventaire
3289 LR/ Recto
Anciens numéros d'inventaire :
ER 6823
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Goltzius, Hendrick (1558-1617), gravé par
Ecole hollandaise
imprimé par JANSSEN Willem

description

Dénomination / Titre
Hercule tuant Cacus
Type d'objet
Gravure
Description / Décor
Commentaire :
Cacus, le fils cracheur de feu et mangeur d'hommes de Vulcain, a volé les bœufs de Géryon à Hercule et les a cachés dans sa grotte. Goltzius dépeint le moment où Hercule, après un combat avec Cacus, est sur le point de lui porter le coup de grâce avec sa massue. À l'arrière-plan, en haut à droite, Hercule s'engouffre dans la grotte. En haut à gauche, on voit deux bergers que Cacus a vainement appelés à l'aide (Ovide, Fastes, I, 543-585 ; Virgile, Énéide, VIII, 190-268 ; Tite-Live, Histoire de Rome, I, 7). D'un point de vue stylistique, les figures musculeuses appartiennent encore à la manière sprangeresque de Goltzius. La planche de trait, qui porte le dessin de la composition, a été imprimée indépendamment, mais la scène ne prend vie qu'avec les deux planches de teinte - claire et foncée -, qui donnent de la profondeur à la scène et du volume aux corps par un étonnant jeu de lumières et d'ombres, comme si la lumière du soleil pénétrait dans la grotte. Les traits parallèles, longs et effilés qui dessinent l'intérieur de la grotte sont liés à la technique de gravure au burin de Goltzius. Sur les corps, les traits, plus courts, sont allongés et renforcés dans les planches de teinte, procédé que Goltzius approfondira un peu plus tard dans Océanos, où, en certains endroits, des traits semblables, taillés dans la planche de teinte, remplacent ceux de la planche de trait. Contrairement à ce que l'on observe dans Océanos, dans Hercule tuant Cacus, les scènes de l'arrière-plan sont toujours dessinées par la planche de trait. Goltzius a eu peu recours aux hachures croisées, sinon pour rendre quelques ombres plus profondes. La taille des interstices en losange, qui forment les hachures croisées, était un processus long et difficile. On ne sait pas clairement si Goltzius a fait appel à un graveur professionnel pour tailler ses planches. Dans la signature de ce clair-obscur, il n'utilise pas le mot« sculpsit » ou « fecit », comme il l'a fait dans ses gravures au burin autographes, mais se mentionne seulement comme inventeur. Cependant, il n'y avait pas à l'époque de graveurs professionnels à Haarlem, et le très habile Goltzius a certainement voulu s'essayer à cette technique. De plus, le recours à la technique particulière du 'schwellende Taille' dans la planche de trait rend peu probable que le travail ait été confié à un tiers. Une impression unique de la planche de teinte claire (Amsterdam, Rijksmuseum, Rijksprentenkabinet, RP-P-1878-A-933 verso) montre toute la complexité de la technique et la dextérité qu'elle exigeait. Il semble que seul un artiste doué comme Goltzius pouvait tailler les planches de teinte. Dans aucun autre de ses clairs-obscurs, Goltzius n'a expérimenté autant de couleurs que dans Hercule tuant Cacus. On y trouve tout l'éventail des teintes, des tons clairs jusqu'aux très foncés, des combinaisons de couleurs contrastées et, parfois, deux nuances d'une même couleur (Une impression ancienne non répertoriée, dans des tons brun-gris/gris foncé, est conservée au cabinet des Estampes d'Amsterdam : RP-P-2013-42-1). Des impressions plus tardives en jaune/vert vif et ocre/brun ont été publiées par Willem Janssen, qui a acquis les planches et les a rééditées dans des couleurs vives. Plusieurs de ces impressions portent son adresse à Amsterdam, ce qui prouve que les clairs-obscurs dans des teintes vives, comme cet exemplaire Rothschild, ont été imprimés par lui. Janssen a utilisé cette adresse entre 1604 et 1620 environ, mais il n'a eu les presses typographiques dont il avait besoin pour imprimer en relief qu'à partir de 1617. On peut en conclure qu'il a imprimé les gravures sur bois de Goltzius entre 1617 et 1620, hypothèse confirmée par les filigranes que l'on retrouve dans certaines de ces impressions. Janssen a également ajouté des planches de teinte aux gravures sur bois de Goltzius, que ce dernier avait imprimées uniquement au trait sur papier bleu (voir Paris, Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la Photographie, EC-37 (c)-FOL, p. 9). Il a fait de même avec le célèbre Rhinocéros et avec le Portrait d'Ulrich Varnbüler de Dürer. (Marjolaine Leesberg, dans cat. expo. 'Gravure en clair-obscur Cranach, Raphaël, Rubens', Musée du Louvre, Paris, 17 octobre 2018 - 14 janvier 2019, p. 168 à 175, n° 59 c).

Bibliographie :
Papillon, 1766, vol. 1, p. 399 ; Bartsch, 1803, t. 3, n° 231, p. 72 ; Dutuit, 1881, IV, p. 445, n° 231 ; Seibt, 1891, p. 67 ; Hirschmann, 1919, p. 127, repr. pl. 43 ; Hirschmann, 1921, no 373 ; Godefroy, 1927, repr. ; Ames, 1949, p. 426, 436, fig. 1 ; Hollstein Dutch, 1953, t. 8, no 373, p. 122 ; Van Hasselt, dans cat. exp. Paris et Rotterdam, 1965-1966, nos 217 à 220 (cat. 59a, 59b) ; Strauss, 1972, p. 11 ; Strauss, 1973, no 134 ; Strauss, 1977, vol. 2, no 406 ; Van Thiel, 1978, p. 8-9 ; Mielke, dans cat. exp. Berlin, 1979, no 5 ; Strauss, TIB, 1982, 3 Comm., no 0301.231 ; Bialler, 1983, p. 54- 55, 94-95, 100-103, 125-126, no 4, p. 178-182 ; Radcliffe, 1985, p. 103-104, fig. 7 ; Birdsong, 1992, p. 57-59, fig. 22 ; Bialler, dans cat. exp. Amsterdam et Cleveland, 1992-1993, no 25 (cat. 59a, 59d) ; Luijten, dans cat. exp. Amsterdam, 1993-1994, no 12 ; Acton, 1994, p. 213- 219, fig. 108 ; Goddard, dans cat. exp. Williamstown, Madison et Lawrence, 2001-2002, p. 13-29, fig. 17, p. 77, no 23 ; Kemmer, dans cat. exp. Brunswick, 2003-2004, p. 38-39, fig. 25, p. 89, no 3 ; Orenstein, dans cat. exp. Amsterdam, New York et Toledo, 2003-2004, no 34 ; Lüers, dans cat. exp. Göttingen, Sögel et Emden, 2007- 2008, no 26 ; Leeflang, 2009, p. 42-43 ; New Hollstein Dutch, 2012, t. 2, no 304 ; Gnann, dans cat. exp. Vienne, 2013-2014, nos 158 et 159 (avec bibliographie complète) ; Melzer, dans cat. exp. Brême, 2014-2015, no 10 ; Leesberg, 2015, p. 165-166, fig. 14.1 ; Barryte, dans cat.exp. Stanford, 2016, no 128.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Dimensions à la feuille : H. 0,412 m ; L. 0,334 m
Dimensions au trait carré : H. 0,41 m ; L. 0,332 m
Matière et technique
Gravure sur bois, une planche de trait noir, deux planches de teinte verte et jaune.
État Ih/III (Bialler VI)
Inscription gravée à gauche : A° 88 HGoltzius Inue. ; inscription typographiée : Ghedruckt t'Amsterdam by Willem Ianssen in de vergulde Sonnewyser
Filigrane : Illisible

Lieux et dates

Date de création / fabrication
1588, Imprimé en 1617-1620

Données historiques

Historique de l'œuvre
Collection Rochoux, 15-20 avril 1872, Paris, n° 388 ; baron Edmond de Rothschild (1845-1934) ; don au musée du Louvre en 1935.
Œuvre conservée dans le portefeuille n°134 du baron Edmond de Rothschild jusqu'en 2018.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild

Expositions

- Chefs-d'oeuvre. Dessins et gravures du Cabinet Edmond de Rothschild. 1ère exposition temporaire, Paris, Musée du Louvre, 01/12/1959 - 31/01/1960
- Le XVIe siècle européen. Gravures et dessins du Cabinet Edmond de Rothschild, Paris, Musée du Louvre-Département des Arts Graphiques, 01/10/1965 - 01/01/1966
- Toussaint Dubreuil, premier peintre de Henri IV, Paris, Musée du Louvre, 25/03/2010 - 21/06/2010
- Gravure en clair-obscur. Cranach, Raphaël, Rubens, Paris, Musée du Louvre, 17/10/2018 - 14/01/2019
Dernière mise à jour le 28.07.2020
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