RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
Environnement RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Tony Querrec
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Autre Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
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Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
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Portrait de Pajou, sculpteur

Inventory number
INV 27035, Recto
Former inventory number:
NIII 31078
Handwritten inventory reference:
vol.11, p.213
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artist/maker / School / Artistic centre
Labille-Guiard, Adélaïde (1749-1803)
Ecole française

Description

Object name/Title
Portrait de Pajou, sculpteur
Augustin Pajou (1730-1809) modelant le buste de Jean-Baptiste II Lemoyne.
Type of object
Dessins
Description/Features
Commentaire :
Geneviève Monnier, Inventaire des Collections Publiques Françaises, Pastels des XVIIe et XVIIIe siècles, Musée du Louvre, 1972, n° 57.
Neil Jeffares donne ce pastel à Adélaïde Labille-Guiard, portrait d'Augustin Pajou ( 1730-1809), sculpteur du roi, modelant le buste de Lemoyne (Dictionary of pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 271).

Tout au long de l'année 1782, Labille-Guiard multiplia les portraits au pastel de certains des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture et les exposa au Salon de la Correspondance. À la fin de l'année, elle fixa les traits d'Augustin Pajou,qui était académicien depuis 1760. Le sculpteur était un ami de sa famille et l'avait soutenue à ses débuts. Peut-être est-ce lui qui avait demandé à la pastelliste, ainsi que l'a suggéré Anne-Marie Passez,de le représenter travaillant au buste de son maître Jean-Baptiste II Lemoyne, œuvre dont la fonte en bronze avait été exposée au Salon de 1759. Dans un premier temps, Adélaïde avait pensé donner à ce nouveau pastel les dimensions de ses autres portraits d'académiciens. Puis elle s'était ravisée, ajoutant des tasseaux à son châssis afin d'agrandir l'œuvre et de lui donner plus de monumentalité. Sans doute pensait-elle déjà à en faire son morceau de réception, dont les dimensions étaient normalement fixes. Présentée au Salon de la Correspondance en février 1783, l'effigie suscita l'admiration de Pahin de La Blancherie. Sous sa plume, on put lire dans les Nouvelles de la République des Lettres et des Arts : « Nous félicitons Mde Guyard de la confiance que des hommes aussi distingés témoignent en ses talents ; elle détruit bien complétement la fausse opinion que l'envie ou l'ignorance s'étoit empressée de répandre dans le public, que le mérite de ses ouvrages étoit dû à une main étrangère ; nous espérons encore des nouvelles preuves de la solidité de son talent, par le portrait de M. Pajou, représenté modelant celui de M. Lemoine. Il nous reste à présenter à Mde Guyard les vœux du public pour lui devoir le Portrait du célèbre Latour dont elle est l'élève et sur les traces duquel elle marche avec tant de succès ; on retrouve de plus en plus dans ses productions cette expression et cette vérité qui, portées au plus haut point par son maître, lui donne les droits à l'immortalité » (cité par Ratouis de Limay, 1946, p. 101-102). L'amateur ajoutait également au sujet du pastel : « Mme Guiard avait en ce portrait une tâche difficile à remplir. On ne peut que la féliciter de son succès. Ce nouvel ouvrage a été applaudi à cet égard et par le double intérêt qu'il présente en offrant les traits d'un artiste qui s'est fait admirer successivement aux derniers Salons, par les statues de Bossuet, Descartes et Pascal et ceux du célèbre Lemoyne dont M. Pajou fut l'élève et l'ami et dont il est en effet l'émule » (cité par Passez, 1973, p. 110). N'ayant certainement pas caché son souhait d'entrer à l'Académie royale,Mme Labille-Guiard s'était attiré des inimitiés masculines. Le 31 mai 1783, l'Académie lui rendait cependant l'hommage espéré. Dans la même séance, elle recevait celle que le public reconnaissait comme sa rivale, Mme Vigée Le Brun, mais sur ordre du roi, et elle agréait et recevait Adélaïde par vingt-neuf voix sur trente-deux, sur présentation de ses ouvrages dont celui décrivant Pajou. Dès le 1er juin suivant, le comte d'Angiviller, directeur des Bâtiments, écrivait au roi Louis XVI à ce sujet :« Admission de dames à l'Académie. Votre Majesté ayant approuvé le contenu du Mémoire que je pris la liberté de lui mettre sous les yeux, relativement à la De Le Brun, j'en envoyai l'ampliation à l'Académie Royale de Peinture qui, dans son Assemblée d'hier,s'est empressée à témoigner sa soumission aux désirs de la Reine en recevant tout de suite la De Le Brun, sans la soumettre aux épreuves ordinaires, attendu la connoissance qu'on avoit de son talent.« Dans la même Assemblée, l'Académie a examiné les ouvrages d'une autre femme (La De Guyard) qui a beaucoup de talent ; elle l'a d'abord agréée et sur le vu d'un nouveau Tableau,elle l'a admise, sauf l'approbation de Votre majesté, au nombre des Académiciens, ce qui remplit le nombre de quatre auquel Votre Majesté a jugé à propos de fixer celui des femmes dans l'Académie.Je supplie Votre Majesté de vouloir bien accorder la confirmation à ces réceptions » (cité par Ratouis de Limay, 1946, p. 102). Suivant le biographe de l'artiste, Joachim Lebreton, Adélaïde avait elle-même souhaité être soumise au vote des académiciens à bulletin secret,désirant être jugée et non protégée comme l'était Élisabeth Vigée Le Brun. Si son talent n'était pas trouvé digne par l'Académie, elle reprendrait le travail afin de se perfectionner et elle répondrait ainsi à des refus par de nouveaux efforts. Le 7 juin 1783, après avoir été soutenue par Alexandre Roslin, Maurice Quentin de La Tour, François André Vincent, Augustin Pajou, Jean-Jacques Bachelier et Jacques Antoine de Beaufort, qui avaient tous voté en faveur de sa réception,Adélaïde prenait place pour la première fois parmi l'assemblée de l'Académie et était officiellement reçue après confirmation du roi. Le portrait de Pajou avait été choisi comme son premier morceau de réception. Elle portraiturerait en 1785 Charles Amédée Van Loo afin de répondre à l'exigence d'un second morceau de réception (Château de Versailles). En même temps que Mme Vigée Le Brun, elle exposait pour la première fois à partir du 25 août 1783 plusieurs de ses pastels au Salon, où elle obtenait un vif succès. Pour l'auteur de « La Critique est aisée, mais l'art est difficile » (Paris, BnF, collectionDeloynes, t. 13, p. 201), « le genre du pastel, depuis M. La Tour, avoit été totalement négligé à l'Académie, il y manquoit un modèle en ce genre, quand Madame Guiard a paru ». Ses pastels avaient tous la vigueur de l'huile. Dans les Mémoires secrets (1784, XXIV, p. 35),peut-être sous la plume de Mouffle d'Angerville (Lettres sur les peintures,sculptures, gravures exposées au Salon du Louvre [1783]), on avait jugé que Mme Guiard avait déployé dans le genre du portrait d'histoire un talent très marqué. Aucune de ses têtes n'était privée de caractère. Elle était parvenue, avec les effigies de Vien, Pajou, Bachelier, Gois,Suvée, Beaufort et Voiriot, à exprimer sur leur physionomie l'esprit et le genre de chacun de ces artistes. Pour l'auteur des Peintres volants ou dialogue entre un françois et un anglois sur les tableaux exposés au Sallon du Louvre en 1783, le chef-d'oeuvre des portraits de Mme Guyard était assurément celui figurant Pajou, l'élève reconnaissant qui modèle le portrait de son maître. On ne pouvait demeurer insensible ni à sa physionomie mâle et parlante, ni à son bras nu correctement dessiné qui paraissait en relief et sortir de la toile. Encensée, Labille-Guiard dut aussi affronter la médisance et la calomnie. Anonymement, cela va de soi, on l'accusait depuis plusieurs mois de faire retoucher ses oeuvres par son ami François André Vincent. À l'occasion du Salon, un pamphlet circula dans Paris (Supplément de Malborough au Salon), où l'on pouvait lire :« Madame, quand on est aussi intéressante que vous on ne manque pas d'amant... Moi, j'en ai deux mille... Je vous crois car vingt cents ou deux mille c'est la même chose. Notez que Vincent retouche cette dame-là, c'est drôle n'est-ce pas ? » (cité par Passez, 1973, p. 24-25). En ayant pris connaissance, l'artiste écrivit le 19 septembre 1783 à la comtesse d'Angiviller une lettre heureusement conservée (A.N.,O1 1917, fo 302 ; publiée par Portalis, 1902a, p. 98-99) :« Madame la Comtesse,« Les bontés dont vous m'honoré me rassure sur la crainte de vous importuner en vous priant de vouloir bien employer votre crédis et l'autorité de Monsieur le Comte pour arrêter un libel affreux... Le hasard m'a procuré le premier qui se soit vendu, un curé d'Etampes (ville où mon père est retiré), sachant que mon père désire toutes les critiques, apprend qu'il y en a deux nouvelles, les achète, et voyant qu'il a le temps de me les faire lire, me les envoie par une amie...J'aurais personnellement été peu sensible à cet écrit, l'estime de ceux qui me connaissent me suffit, mais je suis désespérée quand je pense à mon père et à l'effet que cela lui produira... J'espère donc de vos bontés pour moi, que vous voudrez bien employer promptement les moyens de votre zèle à rendre service vous suggérera pour arrêter la vente ; cela dépendra de M. le Noir... » Elle ajoutait en conclusion : « Je ne désire pas connaître l'auteur, je crains trop qu'il me touche de bien près. » Sans doute pensait-elle à son époux, homme jaloux. Ce même 19 septembre, un ami de Labille-Guiard, le poète Jean-François Ducis, dont elle avait peint le portrait à la demande de Mme d'Angiviller, avait aussi demandé à la comtesse que le ou les coupables soient punis : « Elle ne murmure pas contre les critiques,même injustes de ses ouvrages, mais elle ne peut souffrir qu'on attaque ses mœurs et sa personne et qu'on déchire avec atrocité sa réputation. » Dès le lendemain, le lieutenant de police Lenoir faisait arrêter le libraire Pierre Cousin, dont la boutique se trouvait au Louvre dans la cour du jardin de l'Infante. Trente-neuf exemplaires du libelle gravé étaient à cette occasion saisis. Après avoir avoué qu'il avait déjà vendu plusieurs feuilles, mais demeurant muet quant à l'auteur du texte, il fut conduit à la prison de La Force. Tout fut si rondement mené que la lettre du comte d'Angiviller ordonnant au lieutenant de police d'arrêter rigoureusement et le plus tôt possible le débit du texte diffamatoire arriva après l'arrestation du libraire (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan,Paris, 2018, cat. 76, p.152-154).

neiljeffares.wordpress.com/2018/07/12/the-louvre-pastels-catalogue-errata-and-observations, n° 76.

Xavier Salmon, "La plus belle collection de pastels au monde" in Grande Galerie, été 2018, n°44, pp.34-35, 50-59.

Rena Hoisington, "Xavier Salmon, Pastels in the Musée du Louvre: 17th and 18th Centuries", dans "Master Drawings", Vol. 57, Number 4, Winter 2019, pp. 525- 532

Physical characteristics

Dimensions
H. 0,735 m ; L. 0,618 m
Materials and techniques
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile tendue sur un châssis à écharpes agrandi (d'origine) de tasseaux sur les quatre côtés après que la toile de marouflage eut été tendue et clouée
H. 0,735 ; L. 0,618 m (hors agrandissements : H. 0,652 ; L. 0,545 m)
Signé et daté, en bas à droite, à la craie blanche : Labille f. Guiard. 1782. Sur le panneau de bois de protection arrière, annotation à la craie blanche : Pajou, numéro à la pierre noire : 105, et pièce de papier collée portant à la plume et encre brune le numéro 759. Le cadre porte l'estampille C. PEPIN
Mesures du cadre : H : 01,035, L: 00,79 et profondeur : 00,145.
La restauration de cette œuvre a été rendue possible grâce au soutien de Douglas James Kahn avec la collaboration des American Friends of the Louvre en 2012.

History

Object history
Exposé au Salon de la Correspondance en février 1783 en l'hôtel de Villayer, rue Saint-André-des-Arts à Paris. Présenté à l'Académie royale de peinture et de sculpture comme morceau d'agrément et de réception lors de la séance du 31 mai 1783. Accepté comme morceau de réception. Exposé au Salon de 1783 sous le numéro 125 comme « M. Pajou modelant le portrait de M. Lemoyne son maître. C'est le morceau de réception de l'auteur ». Collection de l'Académie au palais du Louvre. Saisie révolutionnaire (no 422 de l'inventaire de l'an II. A.N., F17 12674. Fontaine, 1910, p. 184, no 422/115). Envoi en l'an X (1801-1802) au Musée spécial de l'École française à Versailles (Notice du Musée spécial de l'École française, an X, p. 29, no 116). Figure sur l'état des portraits déposés dans les magasins de Versailles au début de la Restauration (Fontaine, 1910, p. 122,no 422). Envoi au Musée royal à Paris le 15 mai 1818 (A.L., V3 1818,15 mai, et P12, Versailles, reg., t. I, p. 59, no 39). Remis le 24 janvier 1824 à la direction du Musée royal (note en marge de l'inventaire Morel d'Arleux, A.N., 1 DD 41, p. 1763, inv. 13142). Déposé dans les magasins (A.N., 1 DD 60, 1824-1832, p. 38, no 759, et 1 DD 97, 1832, p. 1750,inv. 13142). Restauré en 2012 grâce au soutien de Douglas James Kahn avec la collaboration des American Friends of the Louvre (décadrage, dépoussiérage de la toile de marouflage, élimination mécanique des moisissures, réencadrement dans un cadre emboîtant).

Location of object

Current location
Réserve des pastels

Index

Exhibition history

- Pajou sculpteur du Roi 1730-1809, Paris, Musée du Louvre, 20/10/1997 - 19/01/1998
- Le portrait français de Watteau à David, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/12/1957 - 24/03/1958
- Marie-Antoinette archiduchesse, dauphine et reine, Versailles, Château de Versailles, 16/05/1955 - 02/11/1955
- Pastels et miniatures du XVIIIe siècle, Paris, Musée du Louvre, 24/10/1973 - 28/05/1974
- Pastels, Paris, Musée du Louvre, 27/07/1989 - 18/09/1989
- Présentation des collections : pastels, gouaches, aquarelles, miniatures, émaux, Paris, Musée du Louvre, 04/03/1982 - 31/12/1982
- Pastels, cartons, miniatures XVIe-XIXe siècles, Paris, Musée du Louvre, 21/06/1974 - 31/12/1974
- Pastels français XVIIIe-XIXe siècles, Paris, Musée du Louvre, 31/05/1985 - 09/09/1985
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 23/06/1998 - 18/01/1999
- Pastels de l'école française, Paris, Musée du Louvre, 01/12/1992 - 30/06/1993
- Portrait et société en France (1715 - 1789), Paris, Musée national d'Art Moderne, 11/12/1980 - 30/03/1982
- Pastels français des collections nationales et du musée La Tour de Saint-Quentin, Paris, Musée national de l'Orangerie des Tuileries, 20/05/1949 - 27/06/1949
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 30/05/1995 - 30/11/1995
- Autoportraits, études et portrait. Pastels français des XVIIIe et XIXe siècles, Paris, Musée du Louvre, 10/02/1999 - 04/10/1999
- Notice des dessins, cartons, pastels, miniatures et émaux exposés dans les salles du 1er et 2ème étage au musée national du Louvre [Ecole française de Aubry à Leprince], Paris, Musée du Louvre, 1869 - 1900
- Présentation de pastels, Paris, Musée du Louvre, 20/04/2004 - 20/10/2004
- Pastels et miniatures du XVIIe et XVIIIe siècles : XXXIe exposition du Cabinet des dessins, Paris, Musée du Louvre, 26/11/1963 - 31/12/1963
- Notices des dessins placés dans les Galeries du Musée Royal, au Louvre [Ecole française et Ecole du nord], Paris, Musée du Louvre, 1838 - 1866
- Le Pastel de l'Académie royale de peinture et sculpture, Paris, Musée du Louvre, 01/03/2002 - 27/11/2002
- Pastels, Les Morceaux de Réception, Paris, Musée du Louvre, 16/06/2000 - 18/12/2000
- Accrochage de pastels, Paris, Musée du Louvre, 01/08/1994 - 01/02/1995
- En société. Pastels du musée du Louvre XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Musée du Louvre, 06/06/2018 - 10/09/2018
Last updated on 02.02.2021
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