© 1999 Musée du Louvre / Etienne Revault
© 1999 Musée du Louvre / Etienne Revault
© 1999 Musée du Louvre / Etienne Revault
© 1999 Musée du Louvre / Etienne Revault

Table de toilette de la duchesse de Berry

Epoque / période : Restauration (1814-1830) (Occident->époque contemporaine)

Date de création/fabrication : vers 1819
Lieu de création : Paris (France->Ile-de-France = Ile de France)
Numéro d’inventaire
Numéro principal : OA 11229
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Désarnaud-Charpentier, Marie-Jeanne-Rosalie (Châlons-sur-Marne, 1775 - Paris, 1842)
Jacob, Nicolas-Henri (Paris, 1782 - 1871), D'après

description

Dénomination / Titre
Titre : Table de toilette de la duchesse de Berry
Type d'objet
mobilier ; table de toilette
Description / Décor
La table est constituée sur une armature de fer, de plaques et de manchons en cristal taillé, décoré essentiellement de pointes de diamant, de cannelures et de godrons et montés en bronze doré. Seule exception, le plateau de la table cosniste en une grande plaque de verre églomisé à fond bleu sur lequel se détache un décor noir et or : au centre, une rosace entre deux palmettes; autour, une bordure de feuilles d'acanthe. Sur la ceinture, se suivent seize plaques de cristal, dont neuf petites, carrées, ornées d'une rosace, qui marquent les deux extrémités de chacun de côtés et le centre de la face postérieure. La table présente un seul tiroir central, qui est doublé de glace au revers de la façade et sur le fond; quand on le tirait, un mécanisme musical, maintenant disparu, se déclenchait. Chacun des deux pieds est formé de trois éléments reposant sur un socle rectangulaire : deux rhytons à tête de dauphin et un balustre central, flanqué à la partie supérieure de deux rosaces. Deux arcs attachés ensemble par un ruban dessinent une grande entretoise qui rappelle celles, en fer forgé, des tables espagnoles. Au-dessus de la table, le miroir ovale à double face, orné de deux coquilles, bascule entre deux candélabres à trois branches qu'enlacent les figures de Flore et Zéphyr, couronnés de fleurs, tenant une couronne de fleurs et reposant sur un tertre fleuri.
Ce mobilier est une production d’avant-garde. La table de toilette provient sans doute du magasin A l’escalier de cristal au Palais royal et dut appartenir à la duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X. Elle a été dessinée par Nicolas-Henry Jacob (1782 ?-1871), un élève de David.
La duchesse de Berry, belle-fille de Charles X, fut très vraisemblablement le premier acquéreur de cette table de toilette et de son fauteuil, en 1822. Elle est la seule de toute la famille royale à exercer un véritable mécénat artistique. Ils furent vendus par la duchesse de Berry en 1836 après la chute de la Restauration.
La taille du cristal fait de grands progrès sous la Restauration, diverses manufactures y contribuent : celle de Saint-Louis, celle de Baccarat, ou celle du Creusot. Les objets en cristal sont souvent confiés à des « metteurs en œuvre » comme madame Désarnaud. Elle est la première qui ait eu l’audace d’exécuter des meubles en cristal. Les cristaux lui étaient fournis par Aimé-Gabriel d’Artigues, directeur de la manufacture de Vonèche en Belgique, et aussi à partir de 1816, de la manufacture de Baccarat. Madame Désarnaux-Charpentier les faisaient ensuite tailler et monter dans ses ateliers du Palais royal. La table de toilette et son fauteuil proviennent sans doute du célèbre magasin A l’escalier de cristal. Fondé en 1802 et tenu par madame Désarnaud-Charpentier jusqu’en 1828, il était situé au Palais royal. En 1819, madame Désarnaux portait le titre de fournisseur breveté du Roi du duc de Berry et du Garde-Meuble de la Couronne. Lors de l’Exposition des Produits de l’Industrie en 1819 au Louvre, elle aurait présenté cette coiffeuse et obtenu la médaille d’or.
L’attribution à madame Désarnaud repose sur une lithographie de J. B. Arnoul qui représente les pièces primées en 1819 et où figure une table et une chaise de cristal, très proches de celles du Louvre. Or, il n’existe pas d’autres exemples connus. S'il s’agit bien d’une création de madame Désarnaud, cet ensemble fut certainement celui de la duchesse de Berry qui était cliente de A l’escalier de cristal. En effet, un mémoire comptable en 1822 porte trace de la livraison de trois meubles de cristal pour la duchesse de Berry pour son château à Rosny-sur-Seine. Enfin, le catalogue de la vente des biens de la duchesse en 1836 fait lui aussi mention d’une grande toilette de cristal et d’un fauteuil à l’antique.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Hauteur : 78,5 cm ; Largeur : 122,5 cm ; Profondeur : 64,3 cm
Matière et technique
Matériau/Technique : Bronze doré
Matériau : hêtre
Matériau : cristal
Matériau : verre (églomisé)

Lieux et dates

Date de création / fabrication
Epoque / période : Restauration (1814-1830) (Occident->époque contemporaine)

Date de création/fabrication : vers 1819
Lieu de création / fabrication / exécution
Paris (France->Ile-de-France = Ile de France)

Données historiques

Propriétaire
Etat
Affectataire
Musée du Louvre, Département des Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
non exposé

Bibliographie

- Baccarat : la légende du cristal, cat. exp. (Paris, Petit Palais, Musée des beaux-arts de la Ville de Paris, 15 octobre 2014 - 4 janvier 2015), Paris, 2014,
- Alcouffe, Daniel, « La coiffeuse de la Duchesse de Berry », dans Patrimoine verrier en Namurois, Namur, Société archéologique de Namur, 1997, 140-146, p. 140 à 146, p,140 et 146
- Alcouffe, Daniel ; Dion, Anne ; Lefébure, Amaury, Le mobilier du musée du Louvre, 1, Dijon, Faton, 1993, n° 110

Expositions

- Baccarat, Trésors de cristal, Paris (France), Petit Palais - Musée des beaux arts de la ville de Paris, 07/10/2014 - 04/01/2015
Dernière mise à jour le 29.07.2021
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