© 2002 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi
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© Musée du Louvre
© Musée du Louvre / Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes
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Troussequin de selle : chevaliers

1300 / 1315 (Début du XIVe siècle (?))
Lieu de création : Italie méridionale (Europe) (?)
OA 3361
Département des Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes
Numéro d’inventaire
Numéro principal : OA 3361
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique

description

Dénomination / Titre
Titre : Troussequin de selle : chevaliers
Type d'objet
troussequin de selle
Description / Décor
Le troussequin, convexe, est souligné en haut et sur les côtés d’une bordure profondément sculptée de rinceaux habités d’animaux et de personnages. A gauche vers le centre : homme et sagittaire combattant des ours, deux hommes combattant à l’épée, deux hommes nus luttant, aigle saisissant un lièvre, bœuf, cerf ?, lion, oiseaux fantastiques, jeune fille couronnée en longue robe, tenant des flambeaux ou des crotales ?, et licorne. A droite : deux taureaux affrontés, cavalier luttant contre un sanglier, chien pourchassant un cerf, chasseur visant avec une arbalète un oiseau qui nourrit ses petits, animaux fantastiques, homme nu, homme armé d’un poignard combattant un lion. Au centre : suivis par deux jeunes hommes soufflant dans une longue trompette, deux personnages, couverts d’un haubert et munis d’un bouclier, tenant l’un une lance, l’autre une masse d’armes, entourent deux drapeaux sur lesquels sont sculptées des armoiries, identifiées par Molinier (1890) comme celle d’Aragon et Aragon-Sicile.
La partie centrale du troussequin est sculptée en très haut relief, certaines parties se détachant en complète ronde-bosse. Au centre, un aigle aux ailes éployées tient dans ses serres un lièvre. De part et d’autre, devant deux arbustes et sur un sol montueux où deux lièvres et un rongeur se cachent parmi de longues herbes épineuses, chargent deux chevaliers, brandissant des lances ; ils sont coiffés de heaumes s’arrêtant au niveau des épaules, revêtus d’une armure complète dont tous les détails sont visibles (camail, gantelets, genouillère, jambières…), en partie recouverte d’une robe ; le harnachement des chevaux, les détails des étriers et de la selle, dont le troussequin est de même forme que celui sur lequel il est représenté, sont également rendus avec une grande précision. Sur le bouclier du chevalier à droite sont sculptées les armes écartelées en sautoir d’Aragon et de Sicile.
Selon Molinier (1898), ce troussequin aurait été fait pour Frédéric, fils de Pierre d’Aragon, élu roi de Sicile de 1296 à 1337, après l’abdication de son frère Jacques.
Cette identification entraînerait l’attribution à un atelier sicilien vers 1300 ou au début du XIVe siècle. Le style est, en tout cas, sans rapport avec celui du pommeau de selle qui lui est parfois associé (OA 3360). De plus, aucun élément de comparaison convaincant ne peut être invoqué pour l’origine de ce troussequin, célèbre mais dont tous les éléments sont déconcertants : la bordure aux rinceaux habités relève plutôt de l’art de la fin de l’époque romane ou du début du Gothique que de celui des environs de 1300. L’aigle tenant dans ses serres un lièvre montre un traitement très naturaliste d’un thème d’origine byzantine. L’armement des deux cavaliers serait, selon les spécialistes, parfaitement plausible, mais il est ici rendu avec un luxe de détails d’une minutie inhabituelle. Quant aux deux énormes chevaux de combat, ils sont eux aussi représentés avec réalisme, mais diffèrent totalement de ceux que l’on trouve dans les ivoires contemporains, même dans les représentations de tournoi, et feraient plutôt songer à des œuvres du XVe siècle. Enfin l’on peut se demander pourquoi tous les éléments de cet objet ont été sculptés dans une épaisse plaque d’ivoire, alors que la plupart des troussequins, plus tardifs il est vrai, sont faits de minces plaques d’os ou d’ivoire fixées sur une ossature de bois. La partie convexe de ce troussequin devait, s’il était utilisé, être recouverte d’un matelassage : il était donc impossible aux spectateurs de voir que l’objet était en ivoire massif. Le caractère peu fonctionnel de cette œuvre et les problèmes de datation que pose son décor incitent par conséquent à douter sérieusement de son authenticité.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Hauteur avec accessoire : 25,6 cm (dimensions hors tout) ; Largeur avec accessoire : 46,2 cm (dimensions hors tout) ; Profondeur avec accessoire : 17,6 cm (dimensions hors tout)
Matière et technique
Matériau : ivoire d'éléphant = défense d'éléphant

Lieux et dates

Date de création / fabrication
Epoque / période : gothique (Occident->moyen âge)

Date de création/fabrication : 1300 - 1315
Lieu de création / fabrication / exécution
Italie méridionale (Europe) (?)

Données historiques

Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Mode d’acquisition
achat
Date d’acquisition
date : 1893
Propriétaire
Etat
Affectataire
Musée du Louvre, Département des Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
non exposé

Bibliographie

- Gaborit-Chopin, Danielle ; Alcouffe, Daniel ; Bardoz, Marie-Cécile, Ivoires médiévaux : Ve-XVe siècle : catalogue, Paris, Réunion des musées nationaux, 2003, p. 447-448, n° 198
- Tirant lo Blanc : imatges i objectes, cat. exp. (Barcelone, La Pia Almoina, 16 mai - 28 juillet 1991), Barcelone, Generalitat de Catalunya, 1991, n° 20
- Carra, Massimo, Gli Avori in Occidente, Milan, Fratelli Fabbri, 1966, fig. 56
- Buttin, François, « La lance et l'arrêt de cuirasse », Archaeologia, 49, 1965, p. 177-178, fig. XLII, a
- Gay, Victor, Glossaire archéologique du Moyen Age et de la Renaissance, tome second H - Z, Paris, A. Picard, 1928, fig. p. 339
- Koechlin, Raymond, Les Ivoires gothiques français, 3 vol., Paris, A. Picard, 1924, p. 36, 462-463 (tome I), pl. CCVII (tome III), n° 1251 A (tome II)
- Kunz, George Frederick, Ivory and the Elephant in Art, in Archaeology, and in Science, New York, 1916, fig. p. 60
- Molinier, Emile, Catalogue des ivoires. Musée national du Louvre, Paris, May et Motteroz, 1896, gravure, n° 52
- Müntz, Eugène, « L'Art du Moyen Age dans la collection Spitzer », Revue des Arts décoratifs, 1891, p. 98-108, p. 101-102
- Molinier, Emile, La collection Spitzer. Antiquité, Moyen Âge, Renaissance. Tome Premier. Les Ivoires, I, Paris, Maison Quantin - Librairie centrale, 1890, pl. XVI, n° 42
- A Gregorio XVI. Pontefice Ottimo Massimo Emulo del Magno da Cui redo Il Nome quando nel Settembre MVCCCXLI allietava Fabriano di sua Augusta presenza Girolam Conte Possenti onorato dal sovrano nel proprio Museo di Avori QQ. Cenni atorno a Quell'Elefantine scolture coll'ossequio di un suddito coll'Amore di un Figlio voleva intitolati [visite du Pape Gregoire XVI en septembre 1841 du musée des ivoires du comte Possenti à Fabriano], 1841, p. 14-15
- « Troussequin de selle en ivoire au Musée du Louvre », L'Art pour Tous, n° 19, 15 octobre 1896, p. 3518, fig. 8087, 8088

Expositions

- Nobiles officinae, Palerme (Italie), Palazzo Reale, 12/12/2003 - 10/03/2004
Dernière mise à jour le 30.06.2021
Le contenu de cette notice ne reflète pas nécessairement le dernier état des connaissances