RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
Environnement Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
Environnement Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
Autre Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
Environnement RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) Thierry Le Mage
Autre RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) Thierry Le Mage
RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) - Michel Urtado
Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
Musée du Louvre, dist. RMN-Grand Palais - Photo M. Beck-Coppola
RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) Thierry Le Mage
RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) Thierry Le Mage

Portrait présumé de Mademoiselle Marie Perrine Etiennette Le Marquis, dite Mme de Villemomble (1737-1806)

1756
Numéro d’inventaire
RF 1940.1, Recto
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds du Département des peintures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
FREDOU Jean Martial (1711-1795)
Ecole française

description

Dénomination / Titre
Portrait présumé de Mademoiselle Marie Perrine Etiennette Le Marquis, dite Mme de Villemomble (1737-1806)
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
Peintre du Cabinet du roi à partir de 1755, Jean-Martial Frédou fut chargé, tout comme ses collègues, de multiplier les copies des effigies des membres de la famille royale peintes par Jean-Marc Nattier, Maurice Quentin de La Tour, Charles Joseph Natoire, Alexandre Roslin, ou bien encore Joseph Siffrein Duplessis. D'un coût inférieur aux œuvres de ces maîtres renommés, ces copies étaient le plus souvent destinées à être offertes. Il fut aussi l'auteur de portraits originaux dont les modèles appartenaient à la bonne société du temps. Exécutées à l'huile ou aux trois crayons rehaussés plus ou moins largement de pastel, ces images furent jugées suffisamment ressemblantes pour lui permettre d'obtenir en 1760 la commande des portraits du duc de Bourgogne et de ses trois frères cadets le duc de Berry, futur Louis XVI, le comte de Provence, futur Louis XVIII, et le comte d'Artois, futur Charles X. Signé et daté de 1756, le petit pastel du Louvre est de quelques années antérieur. Il a été offert en 1940 par Mlle Mouroux comme une image de « Mlle de Villemomble ». Geneviève Monnier y a reconnu Étiennette Marie Perrine Le Marquis, qui devint en 1757 la maîtresse du duc Louis-Philippe d'Orléans (1725-1785). Probablement abandonnée par sa mère en 1767 sur les marches de l'église Saint-Sauveur à Dinan en Bretagne, lorsqu'elle était encore un nourrisson, la fillette avait été adoptée par la famille du négociant en toiles René Le Marquis. Après avoir été élevée au couvent des Ursulines, elle accompagna sa mère à Paris alors qu'elle n'avait encore que treize ans. Très vite, la jeune fille avait retenu l'attention par sa beauté et son talent de danseuse à l'Opéra. Elle trouvait en Gabriel Louis François de Neufville de Villeroy (1731-1794) son premier protecteur et lui donnait une fille en 1753, Anne Camille, future comtesse de Vassan. En 1757, la jeune femme était remarquée par le duc d'Orléans, qui, peu après, l'installait au château de Bagnolet et en faisait sa maîtresse en titre. De leur liaison naquirent un garçon en 1759, Louis Étienne, futur abbé de Saint-Phar (ou Saint-Farre), chargé de l'abbaye de Notre-Dame de Livry, et en 1761 deux jumeaux, Louis-Philippe, futur abbé de Saint-Albin, et Marie Perrine Étiennette, future comtesse de Brossard. Le 21 février 1767, Louis-Philippe d'Orléans offrait à sa maîtresse, surnommée « Marquise », la seigneurie de Villemomble. Si peu à peu Mme de Montesson avait gagné plus de place dans le cœur du duc, celui-ci était resté en amitié avec Mlle Le Marquis. En 1769, elle était aussi autorisée à ouvrir un accès dans le mur de clôture du château du Raincy, seigneurie appartenant à son amant et jouxtant sa terre de Villemomble. C'est là qu'elle éleva ses enfants et qu'à la demande du duc d'Orléans, Alexandre Théodore Brongniart et Henri Piètre édifièrent un nouveau château au goût du jour. Partageant son temps entre sa résidence à la campagne et son hôtel particulier parisien, 14 rue Grammont, Mme de Villemomble fit reconnaître chacun de ses enfants par leur père respectif. Pendant la Terreur, elle partit en émigration à Berne puis à Hambourg. À son retour fin 1794, elle retrouvait ses biens mais était contrainte de céder sa terre de Villemomble au banquier Ernest Lang. En 1800, elle lui rachetait le domaine pour aussitôt le revendre. Le 9 février 1806, elle s'éteignait à Paris. Si le pastel du Louvre représente bien Étiennette Marie Perrine Le Marquis, elle était en 1756 âgée d'un peu moins de vingt ans et n'était pas encore devenue la maîtresse du duc d'Orléans. Coiffée d'une haute perruque à rouleaux, la jeune femme a les yeux marron rehaussés par Frédou de quelques touches de bleu. Son joli minois souriant apparaît similaire sur deux autres portraits restés dans la descendance de sa fille Mlle d'Auvilliers, épouse de François Constantin, comte de Brossard (Les amis du château seigneurial et du patrimoine villemomblois, La Gazette du château, septembre 2013,no 42, en ligne sur http://amischateau.free.fr). Sur l'un, attribué à Louis Vigée, Mlle Le Marquis porte un carquois empli de flèches et une étole de fourrure qui évoquent un costume de scène. Sur l'autre, dessiné semble-t-il en 1780 par un maître anonyme où l'on a parfois reconnu Carmontelle, elle est assise à son bureau, rédigeant un « avis à ses enfants » réunis autour d'elle. Chaque fois, le visage aimable et souriant ne semble pas se distinguer de celui dont Frédou a fixé les traits et incite donc à confirmer l'identité du modèle. (Xavier Salmon, Pastels du musée du Louvre XVIIe -XVIIIe siècles, Louvre éditions, Hazan, Paris, 2018, cat. 60, p. 127-128).

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,412 m ; L. 0,296 m
Matière et technique
Pastel sur papier bleu marouflé sur toile tendue sur son châssis d'origine. Signé et daté au crayon en bas à droite : Fredou / 1756. Sur le carton de protection arrière, plusieurs étiquettes portant le nom de l'artiste et celui du modèle et étiquette imprimée de la MAISON DE PAPETERIE / De CABASSON / Rue de la Chaussée-d'Antin, No 15 / Articles pour la Peinture, l'Aquarelle & le Dessin / Vente et Location de Tableaux et Dessins. /Nettoyage et Rentoilage de Tableaux. / ENCADREMENT EN TOUS GENRES,COULEURS A L'HUILE ET POUR L'AQUARELLE. / Assortiment de Cadres dorés pour Miniature.

Les mesures du cadre sont H : 00,455 ; L : 00,565 et profondeur : 00,065.

Lieux et dates

Date de création / fabrication
1756

Données historiques

Historique de l'œuvre
Legs au musée du Louvre par Mlle Mouroux en 1940. Comité du 8 avril 1940, conseil du 9 avril 1940. Inscrit sur l'inventaire du département des Peintures.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Mouroux, Mlle
Mode d’acquisition
legs
Date d’acquisition
1940

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve des pastels

Index

Expositions

- En société. Pastels du musée du Louvre XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, Musée du Louvre, 06/06/2018 - 10/09/2018
Dernière mise à jour le 02.02.2021
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