La pêche miraculeuse

Vers 1540
Numéro d’inventaire
4386 LR/ Recto
Anciens numéros d'inventaire :
ER 5513
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.3, p.11
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
ROSSIGLIANI Giuseppe Nicola (vers 1500/1520), gravé par
Ecole vénitienne
(Naoko Takatahate, 2011)
gravé d'après SANTI Raffaello

Anciennes attributions :
CARPI Ugo da, gravé par
(Inventaire Edmond de Rothschild, 1935)

description

Dénomination / Titre
La pêche miraculeuse
Type d'objet
Gravure
État de l'œuvre
Épreuve du 1er état
Description / Décor
Commentaire :
'La Pêche miraculeuse 'se rapporte à un dessin, conservé à Windsor (Windsor Castle, Royal Library, RL12749), préparatoire à l'un des dix cartons de tapisserie de la chapelle Sixtine commandés à Raphaël par le pape Léon X. Daté de 1514 environ, le dessin en question a été attribué alternativement à Raphaël et à Gianfrancesco Penni. Le clair-obscur non signé est traditionnellement attribué pour sa part à Ugo da Carpi, à la fois sur des considérations stylistiques et en raison de l'association du graveur avec Raphaël et son école.
Grâce à une analyse des techniques de la gravure, des matériaux et des méthodes d'impression, et compte tenu de l'histoire de son édition, cette estampe peut être associée de manière plus convaincante à l'atelier de Niccolò Vicentino. D'une part, la répartition du dessin sur trois planches est une technique analogue à celle employée dans des estampes signées par Vicentino, comme 'Le Christ guérissant les lépreux'. Dans ces deux compositions, la planche de teinte claire définit le fond à partir duquel les rehauts sont taillés au premier plan. La planche de ton moyen porte les principaux contours du dessin, renforcés par la planche la plus foncée, qui, en outre, souligne les ombres les plus profondes. Cette formule à trois planches apparaît conventionnelle si on la compare à l'approche complexe des dessins interdépendants des trois et quatre planches d'Ugo. De plus, on peut différencier les impressions issues des ateliers d'Ugo et de Vicentino sur la base de leurs encres : translucides et aux teintes sourdes très proches dans les clairs-obscurs du premier, elles sont opaques et très saturées chez Vicentino, comme l'illustre la palette de tons de citron vert, de vert et de noir de la présente feuille. À une période d'intense productivité, l'atelier de Vicentino a imprimé avec ces encres au moins dix-sept compositions différentes. L'analyse physico-chimique de quatre impressions dans cette palette révèle que la couleur citron vert et les encres vertes étaient composées d'indigo, d'orpiment et de blanc de plomb, combinés dans différentes proportions. Cependant, l'indigo étant sensible à la décoloration, la couleur des encres peut varier d'une impression à l'autre. Le stock de matrices de Vicentino a été acquis et réutilisé par des imprimeurs et des éditeurs ultérieurs, dont Andrea Andreani. Il est important de noter qu'aucune des planches signées d'Ugo n'a été rééditée par Andreani. Dans les mains de l'éditeur mantouan, 'La Pêche miraculeuse' a subi deux changements d'état : d'abord, Andreani a prolongé la hauteur de la planche de ton clair le long du bord supérieur d'environ un centimètre et il a ajouté une inscription portant son adresse d'éditeur : « RAPHEL VRB / INVEN / AA / In Mantoua / 1609 ». Dans l'état final, il a développé le rendu du ciel afin d'intégrer habilement une cassure dans le bloc de teinte claire, et il a complété le bord le plus éloigné de la barque du Christ. (Naoko Takahatake, dans cat. expo. 'Gravure en clair-obscur Cranach, Raphaël, Rubens', Musée du Louvre, Paris, 17 octobre 2018 - 14 janvier 2019, p. 88 à 89, n° 23).

Bibliographie :
Bartsch, 1811, t. 12, n° 13, p. 37 ; Van Hasselt, dans cat. exp. Paris et Rotterdam, 1965-1966, n° 71, p. 32 ; cat. exp. Vienne, 1966, n° 193, p. 128 ; Trotter, 1974, p. 19-21, 101-103 ; Servolini, 1977, n° 19 ; Goldfarb, 1981, p. 310-331 ; Massari, dans cat. exp. Rome, 1985, n° I.1, p. 129-130 ; Cordellier et Py, 1992, p. 263-264 ; Gnann, dans cat. exp. Mantoue et Vienne, 1999, n° 8, p. 68 ; cat. exp. Londres, Washington, Toronto et Los Angeles, 1999-2000, p. 102-103 ; Graf, dans cat. exp. Rome, Weimar et Munich, 2001-2003, n° 5, p. 52-53 ; cat. exp. Zurich, 2003-2004, p. 119, n° 49, p. 124 ; Gramaccini et Meier, 2009, no 194, p. 214-215 ;Sassi, dans cat. exp. Carpi, 2009, n° 26, p. 142-143 ;Takahatake, 2011 ; Gnann, dans cat. exp. Vienne, 2013-2014, n° 44, p. 120-121 (avec bibliographie complète) ;Joannides, 2015, p. 157, 163 ; Takahatake, dans cat. exp. Stanford, 2016, n° 105, p. 496 ; Takahatake, dans cat. exp. Los Angeles et Washington, 2018-2019, n° 41, p. 128-130.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,232 m ; L. 0,339 m
Matière et technique
Gravure sur bois, trois planches. de noir, jaune et vert

Lieux et dates

Date de création / fabrication
Vers 1540

Données historiques

Historique de l'œuvre
Emilio Santarelli (1801-1886), Florence ; sa vente, Leipzig, 27 novembre 1871, no 2145, achat pour 10 francs par Louis Clément ; baron Edmond de Rothschild (1845-1934) ; don au musée du Louvre en 1935.
Œuvre conservée dans le portefeuille n°187 du baron Edmond de Rothschild jusqu'en 2018.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild

Expositions

- Chefs-d'oeuvre. Dessins et gravures du Cabinet Edmond de Rothschild. 1ère exposition temporaire, Paris, Musée du Louvre, 01/12/1959 - 31/01/1960
- Raphaël dans les collections françaises, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 15/11/1983 - 13/02/1984
- Gravure en clair-obscur. Cranach, Raphaël, Rubens, Paris, Musée du Louvre, 17/10/2018 - 14/01/2019
Dernière mise à jour le 28.07.2020
Le contenu de cette notice ne reflète pas nécessairement le dernier état des connaissances