Costume de Diane chasseresse ou de la Lune pour la danseuse Mademoiselle Ribera dans l'opéra « Ercole Amante » (?)

Vers 1662
3101 DR/ Recto
Département des Arts graphiques
Numéro d’inventaire
3101 DR/ Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.1, p.14
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
GISSEY Henri (1621-1673)
Ecole française
(Mickaël Bouffard, 2021)

Anciennes attributions :
ANONYME FRANCAIS
Ecole française
(Inventaire Edmond de Rothschild, 1935)

description

Dénomination / Titre
Costume de Diane chasseresse ou de la Lune pour la danseuse Mademoiselle Ribera dans l'opéra « Ercole Amante » (?)
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV
Type d'objet
Dessin
Description / Décor
Commentaire :
Ce costume était destiné à « la petite Ribera » (après 1648 - ?), fillette d'un baladin espagnol et maître de castagnettes, connue pour sa vivacité. Elle avait alors moins de quatorze ans et Gissey pouvait sans inconvenance lui découvrir les jambes et ne cacher sa poitrine qu'avec une fine étoffe de « taffetas blanc ». Au début du règne de Louis XIV, les mentalités n'admettaient pas qu'une femme dansât en public pour de l'argent. Non rémunérées, seules les dames de la Cour pouvaient monter sur scène, ou encore les filles de baladins puisque c'est le père qui percevait vraisemblablement leur salaire. Jusqu'en 1681, le travestissement était habituel, ce à quoi Louis XIV se prêta lui-même à maintes reprises. Le port du masque alors de rigueur dans les ballets de cour facilitait grandement cette métamorphose. Dans les dessins, divers indices peuvent trahir le genre de l'interprète : pour les hommes en travesti, on cachait la pilosité des avant-bras (rebutante chez un personnage féminin) et on évitait les décolletés (susceptibles de trahir l'illusion), tout en autorisant le raccourcissement des jupes, pour donner plus de liberté aux mouvements sans contrevenir aux bienséances ; pour les femmes adultes, on dissimulait pudiquement les chevilles et l'on ne montrait de peau nue que ce que la mode civile tolérait d'exposer. Les partitions musicales ne témoignent pas encore de l'existence de danses trop sautillantes ou rapides pour les femmes, ce que ni l'honnêteté ni le costume n'auraient autorisé. Comme le notait Ménestrier (1682, p. 253), les habits de ballet doivent laisser « la jambe bien libre pour danser » et ceux « des femmes sont les moins propres, parce qu'ils doivent être longs ».
Si l'on reconnaît aisément ici les attributs de Diane, les livrets et les relations officiels ne recensent aucun rôle de cette nature pour la petite Ribera. Avec d'autres enfants, souvent conduits par son père, elle interprète une Espagnole dansant la sarabande dans le Ballet de la nuit (1653), une petite fille de la cour de Thétis dans les Noces de Pélée et Thétis (1654), une Minute dans le Ballet du Temps (1654), une Heure dans le Ballet de Psyché ou de la puissance de l'Amour (1656) et un amour travesti en nymphe dans le Ballet des amours déguisés (1664). En 1662, elle danse même costumée en étoile dans Ercole Amante au milieu des dames de la Cour, peut-être en remplacement de Marie Mancini, nièce de Mazarin et amante de Louis XIV jusqu'à son mariage. En repassant tous les rôles susceptibles de correspondre à ce costume pendant la période d'activité de Gissey, on ne voit qu'une possibilité tirée du même spectacle : l'entrée soliste de la Lune, dansée par Mlle Girault si l'on en croit le livret. Entre la production du dessin par Gissey et celle du spectacle, la distribution peut avoir changé. (M. Bouffard dans « En scène! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild », cat. expo Paris, musée du Louvre, du 27 octobre 2021 au 31 janvier 2022, sous la direction de Mickaël Bouffard, Victoria Fernández Masaguer et Jérôme de La Gorce, éditions Liénart et musée du Louvre, 2021, p. 110-111, cat. n° 27)

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,21 m ; L. 0,165 m
Matière et technique
Plume et encre grise, lavis gris, traces de pierre noire sur une silhouette incomplète à l'encre. Annotations, à l'encre grise, en haut à gauche : Maele ribera / le tafentas blanc.
Filigrane au bâton royal de France (proche de Delaunay, 1997, no 196 et Gaudriault, 1995, nos 264-265)

Lieux et dates

Date de création / fabrication
Vers 1662

Données historiques

Historique de l'œuvre
Claude Pioche sieur du Rondray, 1733; Gilbert Paignon-Dijonval, 1810; Charles-Gilbert, Vicomte de Morel-Vindé, sa vente, 1819; Samuel Woodburn, Londres ; Colnaghi ; acquis par Danlos pour Edmond de Rothschild en 1889 ; don au musée du Louvre en 1935.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome XIV - 2991 DR à 3185 DR bis

L'œuvre est visible sur rendez-vous en salle de consultation des Arts graphiques.

Expositions

- En scène ! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild
Etape :
Musée du Louvre - Hall Napoléon, Paris, France - 28 octobre 2021 - 31 janvier 2022
Organisée par : Musée du Louvre-Département des Arts Graphiques (Paris, France)
Dernière mise à jour le 29.11.2021
Le contenu de cette notice ne reflète pas nécessairement le dernier état des connaissances