Entrée du roi Atabalipa, avec sceptre et couronne, porté par deux esclaves

1626
Numéro d’inventaire
RFML.AG.2020.16.5, Recto
Collection
Département des Arts graphiques
Cabinet des dessins
Fonds des dessins et miniatures
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
RABEL Daniel (1578-1637)
Ecole française

description

Dénomination / Titre
Entrée du roi Atabalipa, avec sceptre et couronne, porté par deux esclaves
Costumes d'Atahualpa, empereur inca, et de deux esclaves dans le'Ballet de la douairière de Billebahaut'
Type d'objet
Dessins
Description / Décor
Commentaire :
Etude de costume pour les ballets dansés au Louvre en février 1625 et février 1626. Entrée d'Atahualpa, dernier empereur Inca, pour le ballet de la Douairière de Billebahaut, premier ballet de l'Amérique. Depuis le second XVIe siècle et le déploiement de la cour au Louvre sous Henri III, le ballet est devenu un rituel curial et un instrument de gouvernement qui se poursuit sous le règne d'Henri IV et de Louis XIII. Les ballets mêlent musique, danse, poésie, décors et jeux scéniques et sont dansés dans la grande salle du Louvre ou dans celle de l'hôtel du Petit-Bourbon, le plus souvent pour les carnavals. D'essence baroque, ces divertissements aux tons variés oscillent entre le tragique et le comique, le grivois et le merveilleux, le genre noble et la manière burlesque. Sous le règne de Louis XIII, les ballets-mascarades se caractérisent par leurs successions d'entrées, où décors, machines et défilés symboliques. Musicien et compositeur à ses heures, Louis XIII organise de nombreux ballets et y participe lui-même régulièrement. Parmi eux les ballets burlesques des Fées des forêts de Saint-Germain et de La Douairière de Bilbao sont dansés au Louvre pour les mardis gras de 1625 et 1626. Ces deux ballets, auxquels correspondent cinq des sept dessins acquis par le Louvre ont été commandés par le duc de Nemours et voient le roi danser. L'un des feuillets représente un costume de guitariste espagnol porté par Louis XIII en 1626. Outre les danseurs, baladins et comédiens professionnels, le roi et les principaux membres de sa Maison et de la cour exécutent les différentes entrées. Si les dessins de costumes et masques de ballet sont rares, ceux comportant des annotations manuscrites destinées aux tailleurs ou attribuant les costumes et masques aux membres de la cour le sont encore plus. Dessinateur et graveur formé auprès de la seconde école de Fontainebleau, Daniel Rabel devient « dessinateur des ballets du roi » après avoir été au service du duc de Nevers. Son œuvre utilise un savoir-faire iconographique et iconologique emblématiques. Culture populaire et culture de cour se répondent pour susciter par contraste les effets comiques avec une importance donnée à la déformation des corps, à la fantaisie, à l'exotisme voire à l'animalier. Pour susciter l'effet comique de ces costumes aux étoffes et à l'élaboration coûteuses, Rabel et son atelier s'inspirent de recueils gravés d'habits, tout en puisant dans l'iconographie des caricatures germaniques et françaises et de la commedia dell'arte. Ils donnent une impulsion nouvelle aux costumes burlesques. Dans le 'Ballet de la douairière de Billebahaut' où défilent les peuples du monde, Rabel mêle à des costumes occidentaux des ornement exotiques. Les déformations des corps et visages ainsi que l'usage de masques ne font que renforcer la dérision : l'empereur inca Atahualpa devient un nain hydrocéphale. Ses esquisses préparatoires présentent ici de nombreuses variantes d'orientation ou de coloris avec les versions définitives conservées dans l'album Rabel du musée du Louvre (pour cette feuille voir INV32622). Elles révèlent notamment un Atahualpa sans vielle à roue. Des mentions manuscrites apportent des précisions sur les matières et coloris à destination des costumiers, d'autres attribuent les rôles à des membres de l'entourage royal. Vivien Richard, « "Dansé par le roi" : le ballet burlesque au Louvre sous Louis XIII », p. 26-28, dans 'Grande Galerie. Le journal du Louvre', Hiver 2020-2021, n°53, repr. p.28.

Caractéristiques matérielles

Matière et technique
Pierre noire, plume et encre brune, aquarelle.

Lieux et dates

Date de création / fabrication
1626

Données historiques

Historique de l'œuvre
Christie's, Paris, vente du 27 mai 2020, Dessins anciens et du XIXe siècle, lots 46 et 47 négociés (15 000 €) à l'issue de la vente ; achat pour la section Histoire du Louvre. Commission des acquisitions du 11 juin 2020. Décision du président-directeur du 11 juin 2020.
Mode d’acquisition
achat
Date d’acquisition
2020

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Petit format
Dernière mise à jour le 16.12.2020
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