face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue sans cadre © 2012 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux
face, recto, avers, avant ; vue d'ensemble ; vue avec cadre © 2003 Musée du Louvre / Angèle Dequier
© 2012 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux
© 2003 Musée du Louvre / Angèle Dequier

Minerve venant trouver les Muses sur le mont Hélicon

Date de création/fabrication : 2e quart du XVIIe siècle (vers 1635 - 1640)
Stella, Jacques
France, École de
Actuellement visible au Louvre
Salle 911
Aile Sully, Niveau 2
Numéro d’inventaire
Numéro principal : INV 7969
Autre numéro d'inventaire : MR 2471
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Stella, Jacques dit aussi Stella, Jacques de, (Lyon, 1596 - Paris, 1657)
France École de

description

Dénomination / Titre
Titre : Minerve venant trouver les Muses sur le mont Hélicon
Description / Décor

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Hauteur : 1,16 m ; Hauteur avec accessoire : 1,52 m ; Largeur : 1,62 m ; Largeur avec accessoire : 2,03 m
Matière et technique
huile sur toile (transposition)

Lieux et dates

Date de création / fabrication
2e quart du XVIIe siècle (vers 1635 - 1640)

Données historiques

Historique de l'œuvre
Historique
Collection de Louis XIV (entré avant 1706 ; ménagerie du château de Versailles, 1709-1710 cf. Engerand, 1899) ; au Louvre en 1792 (A.N.,F17 1036, pièce 13bis A) ; en dépôt au château de Fontainebleau entre 1857 et 1967.

Commentaire
Le sujet est inspiré des Métamorphoses d’Ovide. La Renommée a prévenu Minerve du prodige survenu sur le mont Hélicon : Pégase a frappé la terre de ses sabots, faisant jaillir la source Hippocrène. Minerve vient alors auprès des Muses sur le mont Hélicon voir cette source sacrée : « La Renommée a porté jusqu’à moi la
merveille de cette fontaine nouvellement sortie de la terre sous les pieds de Pégase. J’ai voulu voir ce prodige opéré par le coursier ailé qui naquit, en ma
présence, du sang de la Gorgone. – Déesse, répond Uranie, quel que soit le motif qui vous amène, votre présence nous est toujours agréable. La Renommée
n’a point semé un bruit mensonger. Oui, Pégase a fait jaillir cette onde merveilleuse. Et la Muse conduit la déesse vers la source sacrée. Pallas admire le prodige de cette onde et de son origine. Elle visite l’Hélicon, ses bois antiques et sacrés, ses grottes, ses lits de verdure et de fleurs, et trouve les filles de Mnémosyne également heureuses et par leurs nobles études et par les charmes de leur séjour » (Métamorphoses, livre IV). Comme l’a bien vu Gilles Chomer, c’est une allégorie de l’Inspiration artistique. Le tableau de Stella s’inscrit dans l’esprit de L’Inspiration du poète de Nicolas Poussin (voir R.F. 1774). Minerve est d’ailleurs accueillie par Calliope, et non par Uranie, comme dans le récit d’Ovide. Calliope est la Muse de la poésie épique mais aussi de l’inspiration divine, comme chez Poussin. Jacques
Stella a même inventé une Muse de la peinture. Ayant pour attribut une palette, elle se tient auprès de Calliope, montrant le cheval Pégase à l’arrière-plan. Minerve étant une allégorie de la Raison, la composition de Stella exprime que « l’art de peindre, mis au rang des plus hautes disciplines de l’esprit, soumet son inspiration aux exigences de la raison » (cf. Chomer, 1994). Et Gilles Chomer d’ajouter : « Poussin n’aurait pas désavoué un tel programme. » Toutefois, il n’y a pas de relation avec l’histoire des Piérides, comme l’affirment la plupart des auteurs (cf. Chomer, 1994, et Laveissière, 2006) : en effet, le passage des Métamorphoses qui a inspiré Stella suit l’histoire de Persée, non celle des Piérides. Sur le plan formel, Jacques Stella s’est inspiré du Parnasse de Raphaël à la chambre de la Signature
au Vatican. Il a emprunté la figure de Minerve à un autre décor de Raphaël dans la chambre de la Signature : Alexandre faisant placer les oeuvres d’Homère dans le tombeau d’Achille (cf. Cuzin, 1983). Jacques Thuillier a décelé une influence bellifontaine dans la grâce des figures peintes par Stella, datant l’oeuvre peu de temps après le retour de l’artiste en France, en 1635 (cf. Thuillier, 2016). Le tableau a été anciennement transposé. Une reprise de transposition a été effectuée par Gérard Ten Kate en 1978.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Mode d’acquisition
entrée - Collection de Louis XIV
Propriétaire
Etat
Affectataire
Musée du Louvre, Département des Peintures

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Sully, [Peint] Salle 911- L'atticisme, Salle 911 - (ex-salle 25F)

Bibliographie

- Milovanovic, Nicolas, Peintures françaises du XVIIe du musée du Louvre, Editions Gallimard / Musée du Louvre Editions, 2021, p. 230-231, ill.coul., n°480
- Cousinié, Frédéric, Esthétique des fluides. Sang, Sperme, Merde dans la peinture française du XVIIe siècle, Paris, Edition du Félin, 2011, p. 176; 214, p. 178
- Di Domenico, Yves, « Le tableau du mois n° 136: Minerve chez les Muses de Jacques Stella - La Peinture au Parnasse à Paris sous Louis XIII », Tableau du mois, 136, du 2 novembre au 4 décembre 2006, 2006, 1-4, p. 1-4, n&b, p. 1
- Compin, Isabelle ; Roquebert, Anne, Catalogue sommaire illustré des peintures du musée du Louvre et du musée d'Orsay. IV. Ecole française. L-Z, Paris, R.M.N., 1986, p. 225, n&b
- Compin, Isabelle ; Reynaud, Nicole ; Rosenberg, Pierre, Musée du Louvre. Catalogue illustré des peintures. Ecole française. XVIIe et XVIIIe siècles : II, M-Z, Paris, Musées nationaux, 1974, p. 105, 218, fig. 778, n° 778
- Compin, Isabelle ; Reynaud, Nicole, Catalogue des peintures du musée du Louvre. I, Ecole française, Paris, R.M.N., 1972, p. 354

Expositions

- La peinture française du XVIIè au XIXè siècle, Pékin (Chine), China International Exhibition Center, 15/09/1982 - 13/10/1982, étape d'une exposition itinérante
- Autour de Nicolas Poussin, Richelieu, [Peint] Salle 14 F - Poussin, 15/10/1994 - 15/01/1995
- La peinture française du XVIIè au XIXè siècle, Shanghai (Chine), Musée des Beaux-Arts, 20/10/1982 - 10/11/1982, étape d'une exposition itinérante
Dernière mise à jour le 19.01.2022
Le contenu de cette notice ne reflète pas nécessairement le dernier état des connaissances