© 1982 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Peter Willi
© 1988 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Maurice et Pierre Chuzeville
© 1982 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Peter Willi
© 1988 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Maurice et Pierre Chuzeville

Bâton de Guillaume de Roquémont

Epoque / période : gothique (Occident->moyen âge) ; époque contemporaine (Occident)

Date de création/fabrication : 1394 et 1804
Lieu de création : Paris (France->Ile-de-France = Ile de France)
Actuellement visible au Louvre
Salle 504
Aile Richelieu, Niveau 1
Numéro d’inventaire
Numéro principal : MS 83 BIS
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
Biennais, Martin-Guillaume (Cochère (La), 1764 - Paris, 1843)
Anonyme

description

Dénomination / Titre
Titre : Bâton de Guillaume de Roquémont
Autre titre : Fragment du bâton de chantre de Saint-Denis
Type d'objet
bâton de chantre ; regalia
Description / Décor
L'inventaire du trésor de Saint-Denis de 1534 décrit le bâton offert par le chantre Guillaume de Roquémont : c'était une longue hampe d'argent doré en trois parties, deux fleurdelisées, une torsadée ; quatre pommeaux ornés de feuillages rythmaient cette hampe en haut de laquelle s'épanouissait une fleur de lis dont les pétales soutenaient des branlants, surmontée d'un saphir. Le bâton de chantre fut restauré à plusieurs reprises au XVIe siècle et suffisamment modifié pour que les experts chargés de l'inventaire de 1634 hésitent à le reconnaître. Mais une partie de la hampe dont la portion torsadée qui portait l'inscription, certains des noeuds d'origine et la fleur de lis terminale étaient reconnaissables. Félibien (1706, p. II, K.) a donné une gravure (pl. I) qui permet de se faire une idée de ce bâton cantoral, mais la partie centrale où était situé l'un des noeuds entourant la torsade d'argent, est masquée par le fanon à houppettes qui y était fixé.
La portion torsadée du bâton qui portait l'inscription, fut réservée en 1793 pour le Museum, certainement parce que les caractères gothiques retinrent l'attention des Commissaires. En 1802, le fragment était décrit ainsi : « un bout de sceptre en vermeil cannelé en spiral où sont inscrits six vers en vieux français et dans lequel on distingue le nom de Gille [sic] de Roquémont. Il y a 12 pouces 6 lignes de matière » (un peu plus de 33 cm). Ce qui subsiste aujourd'hui du bâton de chantre comprend donc la belle torsade d'argent doré d'où l'inscription a disparu : elle fut limée en 1804, lorsque Biennais intégra le bâton à la prolongation de la hampe du sceptre de Charles V, et n'est plus connue que par un relevé de 1726. Le bâton torsadé est aujourd’hui compris entre deux nœuds : le premier est un gros pommeau en forme de grenade dont l’extrémité conique a été retouchée et ressoudée ; il est orné de larges feuillages ciselés à part dont la palmette supérieure est ornée d’un cabochon de verre de couleur ; entre et au-dessus des feuillages apparaissent encore des ornements poinçonnés, masqués par l’épaisse couche de dorure ajoutée au XIXe siècle. Le nœud médian, à l’autre extrémité de la torsade, est plus fin, ciselé de longs feuillages en spirale entre lesquels des feuillages poinçonnés sont encore visibles malgré la dorure. Un troisième nœud est identique au précédent, mais son décore poinçonné, assez gros, est beaucoup plus net ; il termine un bâton moderne de bois et de cuivre, recouvert de tissu.
Le manque de clarté des descriptions des XVIe et XVIIe siècles et l'intervention de Biennais, en 1804, puis de Bapst, en 1825, ne facilitent pas l'examen de cette oeuvre. Le bâton torsadé est évidemment ancien, de même que le noeud médian aux feuillages nerveux malgré la couche de dorure, dont la bordure épouse la forme de la torsade ; son décor correspond bien à ce que l'on sait de l'art vers 1400. La longueur du fragment entré en 1793 permet d'inclure dans la partie ancienne le gros pommeau à verroteries : plus lourd, d'un style différent du noeud précédent, il pourrait être le résultat d'une des restaurations du XVIe siècle. Mais il fut aussi retouché par Biennais qui pourrait avoir ajouté les verroteries dont il n'est pas question avant 1802. Quant au troisième noeud, d'un travail analogue au noeud médian mais plus mou et dont le poinçonné n'est pas masqué par la dorure, il aurait été fait en 1804. La rallonge de la hampe du sceptre, comprenant la hampe de cuivre du XIXe siècle et le bâton de Guillaume de Roquémont, mesure 125,5 cm.
Inscriptions
Inscription :
[...] Et serve bien notre Seigneur / C'il qui a bien faire s'amort / En est loé après sa mort / A Guillaume de Roquemont / qui désira miex pouquemont / Coustoit bien cest estat avoir / Pour estre franc sans grant avoir / Cecy puis-je prouver tres or / Qui moult cure de grant tresor / D'argent fist faire ce baston / Et tres humblement de baton / Supplia qu'il fut bien gardé / Et aus grans festes regardé / Car pour loyauté maintenir / Le doit chantre en sa main tenir / Et tenir fera a tout couvent / Ad ce temps Guy Monceau vivoit / Guillaume Barraut l'ensuivoit / Abbé, prieur, docteurs divins / L'an M.CCC et quatre vingt / Et quatorze ne plus ne moins / Ceux qu'ilz le tiendront en leurs mains / Veuillent prier apres sa vie / Que s'ame soit es ciez ravie / Amen... (inscription relevée en 1726, limée vers 1804)

Caractéristiques matérielles

Dimensions
Hauteur avec accessoire : 53 cm ; Hauteur : 24,2 cm ; Largeur : 33,5 cm
Matière et technique
Matériau : argent
Technique : poinçonné = poinçonnage (techniques métal)
Technique : doré = dorure (techniques métal)
Matériau : bois
Matériau : cuivre
Technique : velours (techniques textile->tissu uni) (de couleur rouge recouvrant le bois et le cuivre)
Matériau : verre (verres colorés)

Lieux et dates

Date de création / fabrication
Epoque / période : gothique (Occident->moyen âge) ; époque contemporaine (Occident)

Date de création/fabrication : 1394 et 1804
Lieu de création / fabrication / exécution
Paris (France->Ile-de-France = Ile de France)

Données historiques

Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Mode d’acquisition
saisie révolutionnaire
Date d’acquisition
date d'arrivée au Musée : 1793
date : 1852
Propriétaire
Etat
Affectataire
Musée du Louvre, Département des Objets d'art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Richelieu, [OArt] Salle 504 - Sceptre de Charles V, Vitrine 2

Bibliographie

- Paris 1400. Les arts sous Charles VI, cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 22 mars - 12 juillet 2004), Paris, Editions de la Réunion des musées nationaux / Fayard, 2004, p. 188, n° 107
- Le Sacre de Napoléon peint par David, cat. exp. (Paris (France), Musée du Louvre 21 octobre 2004 - 17 janvier 2005), Paris-Milan, Louvre éditions / 5 Continents, 2004, p. 35-36, n° 7 b
- Alcouffe, Daniel (dir.), Le trésor de Saint-Denis, cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 12 mars - 17 juin 1991), Paris, Réunion des musées nationaux, 1991, p. 274-275, fig. p. 275, n° 59
- Regalia. Les instruments du Sacre des Rois de France. Les "Honneurs de Charlemagne", cat. exp. (Paris, musée du Louvre, 14 octobre 1987 - 11 janvier 1988), Paris, 1987, p. 109-110
- Barbet de Jouy, Henry, Notice des antiquités, objets du Moyen Age, de la Renaissance et des Temps modernes composant le musée des Souverains, Paris, 1868, p. 69-74, n° 41
- Montesquiou-Fezensac, Blaise de ; Gaborit-Chopin, Danielle, Le Trésor de Saint-Denis, 3 vol., Paris, Editions A. et J. Picard, 1973-1977, p. 274, 432, n° 310

Expositions

- Le trésor de Saint-Denis, Napoléon, Exposition Temporaire sous pyramide, 12/03/1991 - 17/06/1991
- Petite Galerie : Art et pouvoir. Le théâtre du pouvoir, Richelieu, Salles d'Exposition temporaire, 24/09/2017 - 02/07/2018
Dernière mise à jour le 02.09.2021
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