Costume de Furie pour l'opéra Proserpine

BERAIN Jean I, atelier de
Numéro d’inventaire
1715 DR/ Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.1, p.14
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
BERAIN Jean I (1640-1711), atelier de
Ecole française
(Jérôme de La Gorce, 1997)
oeuvre originale BERAIN Jean I

Anciennes attributions :
ANONYME FRANCAIS
(Inventaire Edmond de Rothschild)

description

Dénomination / Titre
Costume de Furie pour l'opéra Proserpine
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV
Type d'objet
Dessin
Description / Décor
Commentaire :
Dessin pour la furie de l'acte V de l'opéra de Lully Proserpine, ouvrage lyrique créé en 1680 à Saint-Germain-en-Laye. D'autres dessins pour cet opéra sont conservés au Nationalmuseum de Stockholm. Ici, il livre l'apparence d'une des trois Furies qui proposent à Pluton et à sa cour de renverser « toute la nature » afin de mieux s'opposer à la volonté de Jupiter qui est d'arracher Proserpine du sombre séjour où le souverain des Enfers l'a entraînée. Il se sert, comme pour d'autres feuilles de la même suite, d'un mannequin à l'eau-forte, dont le trait peut être décelé par les contours d'un pied ou d'une main qu'il n'a toutefois pas ici retenue, Berain a habillé cette silhouette à l'encre noire et probablement aussi au lavis gris, laissant à un spécialiste la tâche très délicate - que, selon les contemporains, il n'aurait pu assurer lui-même - d'ajouter d'autres couleurs pour y appliquer de fins rehauts d'or.
L'artiste ne s'est pas contenté de perpétuer certaines conventions pour caractériser un tel rôle en recourant à des mamelles pendantes et à des serpents chargés de garnir la coiffure ou de former une ceinture. Tout en décrivant encore le monde infernal par les formes des ailes de dragon ou de chauve-souris, il préfère en effet aux couleurs traditionnelles rouge et noire, celles grise et jaune qui soulignent le teint du visage cadavérique. On peut rapprocher ce masque de celui que l'artiste a conçu à la même époque pour les sorcières de Bellérophon (1568 DR) ; il diffère cependant de celui qui se déploie en largeur sur la robe et qui est en partie repris, multiplié dans des motifs traités en relief grâce au travail de l'enlumineur, en bas de chaque pli du vêtement. Il s'agit de la tête d'un monstre stylisée appartenant au vocabulaire des arts décoratifs, à ces cartouches de cuirs découpés, hérités de la Renaissance et adoptés jusque dans l'œuvre de Callot. (J. de La Gorce in cat. exp. 'Masques, mascarades, mascarons', Paris, Musée du Louvre, 2014, p. 221, n°46 et J. de la Gorce in 'Féeries d'opéra. Décors, machines et costumes en France, 1645-1765', Chambord, 1997, p. 117 et 118, repr. 120).

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,245 m ; L. 0,205 m
Matière et technique
encre noire;lavis gris;rehauts d'or;aquarelle;plume

Données historiques

Historique de l'œuvre
Claude Pioche sieur du Rondray, 1733; Gilbert Paignon-Dijonval, 1810; Charles-Gilbert, Vicomte de Morel-Vindé, sa vente, 1819; Samuel Woodburn, Londres ; Colnaghi ; acquis par Danlos pour Edmond de Rothschild en 1889 ; don au musée du Louvre en 1935.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome III - 1696 DR à 1761 DR

Expositions

- Masques, mascarades, mascarons, Paris, Musée du Louvre, 19/06/2014 - 22/09/2014
Dernière mise à jour le 29.01.2021
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