Habit de fantôme pour Thésée

BERAIN Jean I, atelier de
Numéro d’inventaire
1758 DR/ Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.1, p.14
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
BERAIN Jean I (1640-1711), atelier de
Ecole française
oeuvre originale BERAIN Jean I

Anciennes attributions :
ANONYME FRANCAIS
(Inventaire Edmond de Rothschild)

description

Dénomination / Titre
Habit de fantôme pour Thésée
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV
Type d'objet
Dessin
Description / Décor
Commentaire :
Berain se distingua par l'invention de costumes pour les opéras de Lully, montés dans la salle des ballets du château vieux de Saint-Germain-en-Laye. C'est pour la création de la tragédie en musique Thésée, le 15 janvier 1675, ou lors des reprises de ce spectacle en 1677 et 1678, qu'il imagina cet habit de fantôme. Ce rôle, également qualifié de « spectre » dans une source plus tardive, intervient au cœur du drame lyrique, dans le divertissement de l'acte III, où, selon le livret de Quinault, il contribue avec d'autres habitants des Enfers à servir les ordres de Médée en venant tourmenter la rivale de celle-ci, la princesse Aeglé. Incarné probablement en 1675 et 1677 par le célèbre acrobate de la foire Saint-Germain, Charles Allard, cet être épouvantable signalait son identité par une grande « mante de satin gris-blanc » évoquant un linceul, retenue à ses poignets, bordée « d'un ruban large d'un pouce de cramoisi » et doublée « de noir », qu'il pouvait agiter des deux bras pour mieux effrayer la victime de la magicienne. D'après d'autres indications relevées dans le recueil de Dresde conservé au Staatliche Kunstsammlungen, Kupferstich-Kabinett, (Inv.-Nr. Ca 102, no 12), il portait sous cette cape un vêtement « de satin vert de mer », que mettaient en valeur des écailles réalisées à l'aide d'un « cordon noir et argent ». Afin de mieux décrire le personnage, Berain le dota de mamelles desséchées et pendantes, d'une ceinture de reptiles surmontée d'une chauve-souris, symbole de la nuit, et, pour garnir le « bas » de chacune des « chausses », d'un masque de démon, « moulé de carton en bas relief et brodé de laine couleur de chair basanée ». Le visage présenté par l'interprète était composé d'un « masque vert », percé de grandes orbites et d'une large mâchoire édentée. Les cheveux seraient une « crinière de queue de cheval noir » et la coiffure épouserait la forme d'un papillon susceptible d'évoquer, avec ses ailes aux contours singuliers, l'univers des songes, propice à l'apparition d'un fantôme. (J. de La Gorce in cat. exp. 'Masques, mascarades, mascarons', Paris, Musée du Louvre, 2014, p. 220, n°45).

Voir aussi : Jérôme de La Gorce, 'Le recueil des « Habits de masques » du Kupferstich-Kabinett de Dresde, Jahrbuch der Staatlichen Kunstsammlungen Dresden', vol. 31, 2004, p. 63-74.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,23 m ; L. 0,199 m
Matière et technique
Plume et encre brune, aquarelle, rehauts d'or et d'argent (oxydé) avec des traces de pierre noire.

Données historiques

Historique de l'œuvre
Claude Pioche sieur du Rondray, 1733; Gilbert Paignon-Dijonval, 1810; Charles-Gilbert, Vicomte de Morel-Vindé, sa vente, 1819; Samuel Woodburn, Londres ; Colnaghi ; acquis par Danlos pour Edmond de Rothschild en 1889 ; don au musée du Louvre en 1935.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome III - 1696 DR à 1761 DR

Expositions

- Masques, mascarades, mascarons, Paris, Musée du Louvre, 19/06/2014 - 22/09/2014
Dernière mise à jour le 06.09.2021
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