Costume pour les Peuples des climats glacés de Scythie ou Trembleurs d'« Isis »

vers 1677
LEPAUTRE Jacques, attribué à
2670 DR/ Recto
Département des Arts graphiques
Numéro d’inventaire
2670 DR/ Recto
Référence de l'inventaire manuscrit :
vol.1, p.14
Collection
Département des Arts graphiques
Collection Edmond de Rothschild
Artiste / Auteur / Ecole / Centre artistique
LEPAUTRE Jacques (1653-1684), attribué à
Ecole française
(Mickaël Bouffard, Victoria Fernandez Masaguer et Jérôme de La Gorce, 2021)

Anciennes attributions :
ANONYME FRANCAIS XVIIè s
Ecole française
(Inventaire Edmond de Rothschild, 1935)

Propositions d'attributions :
BERAIN Jean I (1640-1711)
Ecole française
(Jérôme de La Gorce, 1986)

description

Dénomination / Titre
Costume pour les Peuples des climats glacés de Scythie ou Trembleurs d'« Isis »
Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV
Type d'objet
Dessin
Description / Décor
Commentaire :
Ce dessin de l'entourage de Berain montre comment l'artiste envisageait de vêtir les personnages frissonnants et transis par le froid peuplant la plus célèbre scène de l'opéra Isis, celle des Peuples des climats glacés à l'acte IV. Persécutée par une terrible Furie incarnant la haine de la jalouse Junon, Io doit en effet supporter les rigueurs de « l'endroit le plus glacé de la Scythie ». L'idée de tels rôles n'était pourtant pas nouvelle en France, comme en témoignent plusieurs dessins de costumes ; on pense aux « gelés » dessinés par Daniel Rabel pour le 'Ballet royal du Grand Bal de la douairière de Billebahaut' (1626), aux hommes de glace du 'Ballet des fêtes de Bacchus' (1651) ou encore aux amoureux transis du 'Ballet de la Nuit' (16533). La filiation entre ballet de cour et tragédie en musique s'exprime ici clairement à travers le costume. Berain garde le souvenir des dessins qu'il a vus (moustaches, bas de vestes fendus, bordures de fourrure, postures recroquevillées...), mais aussi des personnages nordiques issus des recueils d'habits de diverses nations, comme les archers tartares, les Moscovites ou les peuples au nord de l'Angleterre. Le grand manteau fourré que ce trembleur enroule autour de son bras rappelle la Sauvage d'Écosse, « de peaux vêtue encontre la froidure », du Recueil de la diversité des habits (1567) de François Desprez. Un troisième archer gelé de cette série (BnF, département des Estampes et de la Photographie, Tb20a, no 715), tracé par la même main sur le même papier, opte pour un couvre-chef associé traditionnellement au Moscovite (Habitus praecipuorum populorum, Nuremberg, Hans Weigel, 1577, pl. CLXXI), semblable à celui qu'utilise Henri Gissey pour représenter cette nation dans le 'Ballet de l'Impatience' (Londres, Victoria and Albert Museum, E 1297-1936). Un quatrième costume d'archer scythe vient compléter cette troupe (2439 DR), dont le dessin fut gravé par Jacques Lepautre avec le titre « Habit d'Arabe », les distinctions entre les nations du Moyen Orient demeurant plutôt approximatives. Il reprendra ce modèle huit ans plus tard pour les peuples de Catay dans l'opéra Roland. Ces dessins illustrent admirablement la façon dont le génie de Berain assimile les legs de ses prédécesseurs et compose des modèles qui renouvellent sans cesse les traditions dans lesquelles il s'inscrit (M. Bouffard et J. de La Gorce dans « En scène! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild », cat. exp. Paris, musée du Louvre, du 27 octobre 2021 au 31 janvier 2022, sous la direction de Mickaël Bouffard, Victoria Fernández Masaguer et Jérôme de La Gorce, éditions Liénart et musée du Louvre, 2021, p.20, p. 196-197 cat. 65a).
Bibliographie :
Jérôme de La Gorce, 'Berain, dessinateur du Roi-Soleil', Paris, Herscher, 1986, p. 75-76,156 ;
Jérôme de La Gorce, « L'héritage de l'opéra italien dans les tragédies en musique de Lully », dans Marie-Claude Canova-Green et Francesca Chiarelli (dir.), The Influence of Italian Entertainments in Sixteenth and Seventeenth-Century Music Theatre in France, Savoy and England, Lewiston, Queenston et Lampeter, E. Mellen (Studies in History and Interpretation of Music, 68), 2000, p. 85 et ill.;
Jérôme de La Gorce, « Deskriptive Musik in den Opern Lullys », dans Thomas Seedorf (dir.), Barockes Musiktheater Geschichte und Gegenwart. Bericht über die symposien 2005 bis 2007. Internationalen Händel-Akademie Karlsruhe, Laaber, Laaber-Verlag, 2010, p. 203-204.

Caractéristiques matérielles

Dimensions
H. 0,22 m ; L. 0,128 m
Matière et technique
Plume et encre brune, lavis gris, quelques traits et autres traces de pierre noire
Filigrane au soleil avec B- fleur de lys-Colombier dans un double cercle (Proche de Gaudriault, 1995, no 999. Relevé sur la quasi-totalité des dessins de la série d'Isis).
Annotations effacées à la pierre noire derrière le dos : or

Lieux et dates

Date de création / fabrication
vers 1677

Données historiques

Historique de l'œuvre
Claude Pioche sieur du Rondray, 1733; Gilbert Paignon-Dijonval, 1810; Charles-Gilbert, Vicomte de Morel-Vindé, sa vente, 1819; Samuel Woodburn, Londres ; Colnaghi ; acquis par Danlos pour Edmond de Rothschild en 1889 ; don au musée du Louvre en 1935.
Détenteur précédent / commanditaire / dédicataire
Dernière provenance : Rothschild, baron Edmond de
Mode d’acquisition
don
Date d’acquisition
1935

Localisation de l'œuvre

Emplacement actuel
Réserve Edmond de Rothschild
Recueil de dessins : Costumes des Fêtes, Mascarades. Théâtres, etc., de Louis XIV - Tome XI - 2628 DR à 2741 DR

L'œuvre est visible sur rendez-vous en salle de consultation des Arts graphiques.

Expositions

- En scène ! Dessins de costumes de la collection Edmond de Rothschild
Etape :
Musée du Louvre, Paris, France - 28 octobre 2021 - 31 janvier 2022
Organisée par : Musée du Louvre-Département des Arts Graphiques (Paris, France)
Dernière mise à jour le 07.02.2022
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